Another Day : Molly Johnson

Another Day : Molly Johnson

On entend dans sa voix les accents des plus grandes, Ella Fitzgerald en tête. Prenez son phrasé coulé, langoureux dans « Haunted ». Cette composition de son bassiste Mike Downes développe des sensations inédites. La chaleur du timbre de Molly Johnson pourrait embraser une cathédrale. L’école de Billie Holiday a fait son oeuvre, et quand la jeune Canadienne jongle avec le sax soprano de Colleen Allen sur « Sweet Sublime », on comprend encore mieux le titre de la chanson. Molly Johnson arrive de Toronto avec derrière elle un parcours fait de rencontres et d’expériences, rock et jazz surtout. Elle signe avec Another Day un deuxième album solo avec une formation réduite autour du piano voluptueux de Andrew Craig. La moiteur des compositions choisies (des originaux et une sélection de reprises parmi lesquelles une réinvention de « Summertime ») apporte une atmosphère de grande complicité. On croit dans les mots de Molly, parce-qu’avec elle, les hommes jouent une musique intense. Même le swing façon boogie-woogie lui sourit, et nous sourions de connivence quand elle nous fait le coup de « Red Cardinal ». Un disque qui impose son rythme, sa douceur et son indicible saveur comme un picotement coupable.

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