Archéologie : des sites en ruine

Archéologie : des sites en ruine

Le Maroc regorge de sites archéologiques. Ils sont au total, toutes catégories confondues, 26 sites archéologiques datant de la période préhistorique, antique ou islamique. Mais, de l’avis des observateurs et des spécialistes du patrimoine au Maroc, ils ne sont malheureusement pas mis en valeur et sont dénués d’un minimum d’infrastructures. Le site antique de Volubilis est le cas le plus représentatif et le plus désolant. Ayant atteint un état de délabrement avancé, le ministère de la Culture vient de signer un protocole d’accord avec la fondation ONA pour la mise en valeur de ce site.
Ce protocole signé mardi dernier au siège du ministère de la Culture, consiste en l’aménagement de Volubilis de manière à le rendre plus attirant. Le projet prévoit la construction d’espaces d’accueil, de bâtiments administratifs, d’un laboratoire de recherches et de réserves, ainsi que l’édification d’un musée. Le processus de démolition des structures qui correspondent à l’ancienne administration de Volubilis et qui surplombent le site a commencé selon le conservateur du musée Abdelkader Chergui, il y a un mois et demi. « Dans le cadre même de ce protocole signé entre le ministère de la Culture et l’ONA, les travaux de démolition ont débuté il y a maintenant un mois et demi pour réaménager l’entrée principale du site» déclare le conservateur de Volubilis.
Un réaménagement qui s’impose de mise, vu l’état de délabrement que connaît ce site. C’est de l’avis même des visiteurs marocains et habitués de ce site. « En comparaison avec quelques années auparavant, Volubilis s’est dégradé, il n’a plus le même charisme qu’il possédait il y a quelques années » déclare une habitante de Meknès ancienne habituée du site. Et d’ajouter : Volubilis est dans un état lamentable, il n’y a pas de toilettes, il n’y a aucune sécurité et il y a un manque flagrant d’entretien ». À ces inconvénients s’ajoute l’absence de barrières et de zones interdites pour préserver les vestiges et les faïences. « Les faïences romaines sont devenues presque invisibles étant donné que les visiteurs marchent dessus au regard des gardiens du site », déclare une autre habituée du site. Ce serait pour cette même raison que les Marocains désertent de plus en plus ce site. Le conservateur de Volubilis déclare que les étrangers sont plus nombreux à visiter cette cité antique datant de l’époque maurétanienne à savoir le troisième siècle avant J-C. 97 % des visiteurs de Volubilis sont des touristes étrangers.
En 2001, le nombre de visiteurs avait atteint 172.000 personnes contre 125.000 en 2002, 106.000 en 2003 et enfin 154.000 en 2004. Des chiffres qui renseignent sur le peu d’engouement de la part des visiteurs nationaux qui boudent de plus en plus ce site. « En plus du délabrement que connaît Volubilis, le prix du ticket est de 20 DH, ce qui est décourageant ». Aujourd’hui, le site commence à attirer l’attention des autorités et du ministère de tutelle avec le lancement du projet de mise en valeur du site qui pour l’instant n’existe que sur du papier. 28 millions de Dh tel  est le budget total qui a été estimé par le ministère de tutelle et dont 3 millions 300.000 DH ont été attribués par l’ONA. Ce projet de mise en valeur concerne pour l’instant uniquement Volubilis même si ce n’est pas le seul site qui a été rongé par d’énormes facteurs tant naturels qu’humains. Le site de Chellah situé sur la rive gauche de l’Oued Bouregreg est un autre cas d’école. Il est aussi délabré voire plus que celui du Volubilis. Il ne subit aucun entretien, et perd de sa beauté vu les détritus qui y sont jetés à l’enceinte même du site.
Ce qui explique le nombre d’entrée au site qui n’a cessé de baisser depuis 2001. Selon Alaoui Kbiri, conservateur du site de Chellah, les recettes de 2001 avaient atteint 624.470 Dh, en 2002 ils seront de 460.200 Dh, en 2003 de 365.278 Dh, 365.278 Dh pour atteindre en 2004 454.551 dirhams. Selon le conservateur de Chellah, les recettes des  sites  sont retournées au Fond national pour l’aide culturelle (FNAC). Contactés par ALM, les responsables de ce fonds n’ont pas été clairs sur le sort de cet argent et à quoi doit –il servir. Certains spécialistes du patrimoine ainsi que Alaoui Kbiri, déclarent que cet argent sert à organiser des manifestations culturelles. Mais le FANC reste motus et bouche cousue sur le vrai sort de cet argent collecté. Au grand dam de ces sites en ruines. 

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