Art de la rue : Un artiste automate immobilise les R’batis

Art de la rue : Un artiste automate immobilise les R’batis

«J’ai commencé à prendre des cours d’automate tout seul. J’ai également vu certaines vidéos sur Youtube. Cela m’a énormément intéressé».

Un attroupement de badauds dans la médina de Rabat attire davantage l’attention lorsqu’il est silencieux. Au moment de s’y approcher, notre surprise est grande quand il s’avère que c’est… un automate doré qui suscite l’intérêt de ces flâneurs. Un concept artistique que l’on a l’habitude de voir à l’étranger. Pourtant, l’automate, appelé Noureddine Fakhir, que nous avons rencontré à l’issue de son show samedi dernier, a choisi de transporter ce concept au Maroc. Dès que cet artiste se met en position inanimée, il ne passe pas inaperçu. Il suffit qu’un badaud mette une pièce de monnaie dans un chapeau magique déposé par terre pour que l’automate bouge pendant quelques secondes. De quoi immobiliser les passants pour contempler ses mouvements. Au-delà de cet art qu’il partage, dans la rue, avec le public, enfant et adulte, qui prend du plaisir à le voir, cet automate s’anime par un autre moteur.

Passionné et… autodidacte

«J’ai commencé à prendre des cours d’automate tout seul. J’ai également vu certaines vidéos sur Youtube. Cela m’a énormément intéressé», précise Noureddine Fakhir. Ainsi, sa passion a grandi, petit à petit, pour cet art. «Je fais l’automate pour mon propre plaisir», insiste-t-il. Si cet automate était doré au moment où nous l’avons découvert, il arrive qu’il soit argenté. «J’ai décidé de changer de couleurs pour faire différent», détaille-t-il. Ce qui lui importe, selon ses dires, c’est l’admiration du public. «La majorité apprécie», indique l’artiste qui se déplace entre les quartiers de la médina et de l’Agdal dans la capitale. Récemment, il a participé au festival «Belfen» organisé par la ludothèque Nature et éveil se trouvant dans ce quartier huppé de la ville. Pour partager davantage son art, il lui arrive même de se déplacer, selon ses dires, «à ses dépend» dans d’autres villes à l’instar de Casablanca et Marrakech où il passe deux à trois jours plus un week-end. Un voyage peut lui coûter, d’après ses propos, environ 400 DH. Quant à ses journées, il les arrondit en fonction de la générosité du public.

Un make-up de 30 à 60 DH

Pour se dorer le visage et les mains, Noureddine Fakhir achète un make-up adapté dans un magasin de déguisement. «Le moins cher coûte 30 DH. Les prix peuvent aller à 50 ou 60 DH selon la qualité», précise l’automate, âgé de 24 ans. Outre ce make-up, l’artiste, installé au Maroc depuis un an et quelques mois, est censé maîtriser ses mouvements. Pour se faire, il se fait assister par des amis qui lui donnent des conseils pour mieux accomplir ses mouvements. Récemment, il a, entre autres, fait la connaissance de l’artiste et animateur marocain, Nabil Nahim et de l’éducatrice française, Valentine Pollart. Mieux encore, il a également participé au clip «Barda barda» de la chanteuse marocaine Mouna Asaâd. Et il y a de quoi puisque Noureddine Fakhir, d’origine camerounaise, est également danseur.

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