Arts plastiques : la Société Générale retrace le parcours de Abdelkébir Rabi’

Arts plastiques : la Société Générale retrace le parcours de Abdelkébir Rabi’

L’œuvre d’Abdelkébir Rabi’ est une oeuvre de méditation. «Epreuves d’ombres», l’exposition rétrospective de l’artiste, montée à l’espace d’art de la Société Générale jusqu’au 30 avril 2009 donne à voir les fruits du long chemin entrepris par l’artiste dans sa voie de quête de lumière. Une longue voie semée d’embûches et où Rabi’ a dû se défaire des superflus qui empêcheraient son ascension. «Sous le titre “Epreuves d’ombres”, cette rétrospective ne se veut pas chronologique mais pédagogique. En effet, Abdelkébir Rabi’ présente un parcours exemplaire et éclairant sur le processus d’une démarche artistique aussi exigeante que poétique», déclare Abdelaziz Tazi, président du Conseil de surveillance de la Société Générale Maroc. Dans ses toiles (plus de 150 toiles dans cette exposition, Rabi’ étant un artiste qui produit beaucoup et qui expose peu), et tout au long d’une carrière d’une quarantaine d’années, l’artiste a remplacé un désir matériel de représentation de l’objet, de la réalité physique, par une aspiration à la transcendance représentant une réalité métaphysique. «En ce qui concerne mon travail, je dirai seulement que mes préoccupations fondamentales ne sont pas très éloignées de celles qui donnent un sens et une valeur à toute prière», déclare l’artiste. Ainsi, retiré du monde, dans sa solitude d’ermite, artiste sincère dans sa quête – «je n’expose pas essentiellement pour vendre», dit-il – Rabi’ a fait l’expérience de l’absolue lumière sachant que celle-ci ne peut être révélée sans le concours de l’ombre. «C’est seulement lorsqu’un artiste pousse sa démarche jusqu’à ce qu’elle semble toucher sa limite aporétique à partir de laquelle le miracle peut survenir, qu’il commence à ouvrir véritablement un champ d’investigation infini au moyen d’un vocabulaire plastique bien circonscrit. Langage qui peut faire croire que l’artiste s’enferme dans une répétition alors qu’en réalité, il ne fait que creuser au même endroit, tel un mystique dans le désert le ferait dans son ardente quête de l’eau susceptible d’étancher sa soif du divin», souligne Mohamed Rachdi. Ainsi dans cette rétrospective qui, au-delà du déploiement temporel des œuvres, met l’accent sur la genèse de l’œuvre de Rabi’, son évolution au niveau même du processus créatif, le visiteur pourra constater le passage progressif et sans rupture de l’artiste de la figuration à l’abstraction.
Dans ce parcours où le sujet est devenu progressivement un prétexte pour construire librement un langage de formes, de couleurs et de contrastes, il a suffi pour l’artiste de rejeter totalement le peu de référence au réel qui reste pour aboutir à une peinture qui exprime sa propre réalité. Rabi’ est né à Boulmane où il fut bercé par la lumière du Moyen-Atlas. Ses premiers pas dans le monde des arts plastiques débute avec le geste scripteur traçant des lettres coraniques sur des tablettes en bois où tout ce qui se révèle du registre iconographique est strictement banni. Dès son jeune âge, Rabi’ se passionne pour le dessin qu’il pratique en recopiant notamment les illustrations de ses manuels scolaires avant de découvrir les reproductions des œuvres des artistes célèbres dans les rares revues qui lui tombent sous la main. C’est lors de sa formation pour devenir enseignant à l’école normale de Fès, en 1961, que Rabi’ découvre la peinture. Rabi’ s’engage ensuite dans une intense production figurative graphique et picturale. Ce n’est qu’en 1968, bénéficiant d’une bourse d’étude à Paris, qu’il découvre la peinture abstraite où il rencontre un écho à ses préoccupations fondamentales. Les techniques, les formes et les conceptions caractéristiques de l’abstraction artistique feront désormais partie de son univers de création, avec toutefois des retours épisodiques à l’expression figurative qu’il n’a, en fait, jamais réellement quittée.

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