Arts plastiques : Le regard d’Oggo

Arts plastiques : Le regard d’Oggo

Illusion de sable doré, dromadaires en cavale, l’œuvre du peintre «Oggo» réinvente un nouveau désert. Dans un élan de genèse, les mains de l’artiste survolent la surface de la toile pour apporter les dernières retouches à l’univers où il va installer ses dromadaires. Le fond de la toile enfin prêt à accueillir cette naissance, le peintre, muni de son cutteur, se met alors à tracer les courbes de ses créatures qui le fascinent. Il parsème ainsi l’espace de la toile de dromadaires en formes distinctes. La surface du tableau se retrouve vite peuplée à l’instar du désert. Offrant ainsi un espace de survie à toutes ces créatures qui se bousculaient pour découvrir une deuxième existence sur la toile après une longue incarcération dans la mémoire du peintre. L’univers de cet artiste est loin d’être une reproduction figurative d’une caravane de dromadaires amblant dans le désert. Dans les œuvres d’Oggo, les dromadaires ont presque une expression d’étonnement et d’exaltation. Du moins c’est ce que l’on sent en contemplant les yeux grands ouverts de ces héritiers du désert. Le travail de ce peintre obéit difficilement à une classification. Ainsi, chaque toile nous chuchote une histoire en formes et en couleurs. Cependant, les murmures de chaque tableau ne nous sont révélés qu’à travers de petits détails codés que le peintre répand discrètement sur le fond de la toile. Mais d’où vient cette passion pour les dromadaires ? «J’avais accompagné un ami photographe à Imouzzer et on avait vu sur notre route des dromadaires. Nous les avons pris en photo et c’est ainsi qu’est née l’envie de les peindre avec mon regard d’artiste et d’étranger et d’une manière caricaturale», souligne Alain Roubelat. Ce coup de foudre devient alors un souffle d’inspiration. Oggo dévoile au fur de ses tableaux son regard orientaliste et moderne d’artiste. Il accapare ainsi l’espace réel pour en créer une autre version individuelle made by «Oggo». Ce regard transcendé sur la toile se fait en couleur. «Des couleurs qui sont choisies spontanément», souligne-t-il. En bohémien, «Oggo» se défait des carcans des formes et des techniques pour réinventer ses propres combines de travail. Pâte à bois, enduit pour voiture, cutteur, les outils et techniques du peintre sont multiples et personnelles. «J’utilise mes propres techniques», explique Oggo. Le travail de la matière et l’usage de nouveaux matériaux et techniques sont autant de procédés propres à ce peintre. Par ailleurs, les dromadaires sont loin d’être le seul sujet d’inspiration de ce peintre. «Plusieurs thèmes locaux m’inspirent», annonce-t-il. Ainsi, seuls l’imaginaire et le ressenti de cet artiste peuvent retracer les contours de ces futures toiles.
Abstraite ou figurative, l’œuvre d’Oggo se veut un monde de couleurs et de formes où se retracent les contours du ressenti d’un peintre. Au calendrier de cet artiste, plusieurs expositions dont une prochaine exposition à Taghazout, une deuxième à Marrakech et une troisième à Toulouse.

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