Asilah : La médina renoue avec les couleurs de son moussem

Asilah : La médina renoue avec les couleurs de son moussem

Une quinzaine d’artistes-peintres sont à pied d’œuvre pour orner la vieille ville

L’ancienne médina d’Asilah vient de se convertir en une galerie à ciel ouvert. Cette belle initiative s’inscrit dans le cadre du quarantième Moussem culturel international, dont l’ouverture officielle aura lieu ce vendredi 29 juin, dans les locaux de la bibliothèque Prince Bandar Bin Sultan. Une quinzaine d’artistes-peintres de trois nationalités différentes (Maroc, France et Japon) se sont mis à l’œuvre, depuis samedi 23 juin, pour orner chacun à sa manière et selon son propre style artistique l’ancienne médina. Dirigé par les deux artistes marocains Sanae Sarghini Aïda et Mohamed Anzaoui, «cet atelier de peinture murale est prévu de prendre fin jeudi 28 juin, la veille de l’ouverture officielle de cette quarantième édition», selon les organisateurs. 

Parmi les 15 artistes-peintres participant à cet atelier, Mizue Sawano, qui a pris l’habitude depuis plus d’une décennie de participer à cette initiative. Cette Américano-japonaise continue d’enchanter le public par ses peintures reflétant son amour pour la ville blanche, mais aussi sa nostalgie pour la culture et les beaux paysages du Japon, son pays d’origine, grâce aux couleurs et formes des orchidées et des tournesols.

Une expérience d’un grand apport pour des jeunes artistes bénéficiaires

Cette quarantième édition constitue une occasion pour quelques-uns des plasticiens de prendre part pour la première fois à cet atelier. Comme c’est le cas de l’artiste-peintre tangéroise Najoua El Hitmi qui s’est dite très ravie de participer à cette nouvelle expérience qui est d’un grand apport pour son parcours de jeune plasticienne. «Cette initiative est une occasion pour moi de vivre une nouvelle expérience de peindre en public. Cela m’a permis de réaliser pour la première fois une peinture murale aussi grande et portant mon propre style et mon empreinte d’artiste», souligne-t-elle.

L’artiste-peintre tangéroise a profité de cette occasion pour faire découvrir aux Zaïlachis et aux visiteurs de la ville blanche son style artistique, tout en s’inspirant de l’ambiance festive et marine ainsi que de l’ancienne architecture propre à son ancienne médina. «J’ai voulu être aussi, grâce à mon nouveau travail, fidèle à mon style de mouvement et d’acheminement dans un cadre inspiré d’Asilah. C’est pourquoi j’ai opté pour des couleurs bien adaptées au climat et aspect marin de la ville. Ces peintures changent ainsi de couleur avec le vert d’eau au cours de la journée avant de revêtir celles du bleu le soir», précise Najoua El Hitmi.

Mettre en valeur les sites historiques de la médina

A l’instar des précédentes éditions, les artistes bénéficiaires de cet atelier ont été invités à réaliser leurs peintures à proximité des plus prestigieux monuments de l’ancienne médina. L’objectif est de mettre en valeur ce patrimoine historique qui fait la fierté de la ville blanche. Le public ne peut être indifférent devant de nouvelles peintures murales créées à cette occasion. Comme celle de Yassine Balbzioui, qui se trouve en face de la célèbre tour Kamra. Cet artiste marocain, connu pour son amour pour l’aventure et sa quête constante de l’inspiration, vient tout juste de réaliser un exploit en réalisant une grande fresque (30 mètres sur 3) lors de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar «DAK’Art», dont les travaux ont pris fin le 2 juin dernier. Yassine Balbzioui a consacré beaucoup de temps à l’étude et à la recherche de l’idée de sa nouvelle peinture murale avant de penser la mettre en place sur le mur qu’il considère comme un bien commun. Il dit avoir aimé, comme à son habitude, partager avec le public ses souvenirs et anecdotes grâce à cette nouvelle peinture murale. En réalisant cette œuvre, il se sent très marqué par les remarques du public, mais aussi de ce qui se passe autour de lui. Yassine Balbzioui s’en inspire pour en faire quelques scènes qu’il rajoute au fur et à mesure à son œuvre. «C’est un mélange des histoires que j’ai réussi à amener avec moi et celles que j’ai vécues pendant mon séjour à Asilah», ajoute-t-il. Né avec la création du Moussem culturel d’Asilah, il y a plus d’une quarantaine d’années, cet atelier permet à cette quinzaine de plasticiens bénéficiaires de laisser, au cours de la saison 2018-2019, et à travers leurs peintures murales, leurs empreintes d’artistes dans l’ancienne médina.

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