Asmaa ALAOUI : Le talent au pluriel

Asmaa ALAOUI : Le talent au pluriel

Elle est jeune, belle…et talentueuse. Son rôle dans le dernier film de Abdelkader Lagtâa l’a fait sortir d’un certain anonymat, droit dans l’estime de tous ceux qui ont eu à admirer son jeu, d’un naturel mais aussi d’une rigueur, pour le moins étonnants. Elle, c’est Sanaa Alaoui, la nouvelle « star » nationale du cinéma, un bijou rare à peine découvert mais qui brille de mille feux dans “Face-à-Face”, dernier long-métrage du réalisateur. Née au Maroc, la jeune Asmaa, encore adolescente, a dû quitter le Maroc pour la France. Ayant suivi, de 1999 à 2002, des cours d’art dramatique à l’Ecole Florent- ses professeurs étaient Jérôme Léguillier, Jérôme Dupleix et Jean Depange- elle entame sa carrière professionnelle dans le cinéma. C’était en 1995, à travers son rôle d’Aïcha dans “Le Cri de la Soie”, un long-métrage français d’Yvon Marciano. Ce n’est qu’en 2000 qu’elle joue sa première pièce de théâtre, dans “Eveil et la Fiancée des Landes”, d’August Stramm. En 2001, ce sera à la fois le 7ème Art, par le biais des court métrages “Papillon de nuits”, “Un Jour peut-être” de Rachid Kartaba et “Inoubliable”, et le théâtre, dans “L’Usure du Couple”, un montage de textes classiques et contemporains. Mais aussi la télévision, dans “Le Juge est une femme”, où elle interprète le rôle de Malika. Toujours dans la télévision, cette fois en 2002, elle jouera dans “Les Grands frères”. Une année où elle aura également interprété le rôle de la séductrice dans le court métrage “Jeux de plage”. Asmaa se sera, entre-temps, exercée également dans la publicité. Au Maroc. La consécration n’aura pas tardé à se faire sentir. Ce sera avec “Face-à-Face”, le dernier né de Abdelkader Lagtaâ. L’action de ce film se passe en 1995. On est à Casablanca; Kamal (Mohamed Merouazi) est ingénieur et travaille à la construction d’un barrage dans le Sud. Il est marié et semble heureux avec sa femme Amal, qui n’est autre que Sanaa Alaoui, et sa fille. Seule ombre au tableau : son épouse souhaite comme convenu reprendre un emploi. La corruption qui règne dans les milieux de la construction va rattraper l’ingénieur trop scrupuleux. Sa femme est arrêtée par la police. Il se laisse convaincre qu’elle s’est enfuie et, à son tour, disparaît. Le couple se trouve défait, chacun remâchant sa rancoeur contre l’autre. Le film ne commence vraiment qu’avec le départ de Amal vers le Sud marocain, là où, apprend-elle, son mari est installé. Un périple dont l’objectif n’est pas tant la quête de l’autre que celle de soi-même. Ayant glané deux prix (un premier de la critique et un second de la presse), lors de la dernière édition du Festival National du Film Marocain, en 2003, le film a également fait partie de la sélection officielle du 23e Festival du film d’Amiens. Le film aura aussi, et surtout, brillé par la grâce, doublée d’un professionnalisme à tout éprouve, de Sanaa Alaoui. Grâce à sa magnifique interprétation, Amal porte le récit à son summum. Certains critiques ont même trouvé qu’elle méritait d’être primée pour le meilleur premier rôle féminin, tellement elle était « sublime ». Une comédienne-née annonce d’ores et déjà son arrivée. « C’est une professionnelle. Une actrice qui a tellement de choses à donner et qui met le coeur à l’ouvrage. Disciplinée sur le plateau, sincère dans son interprétation, elle n’hésite pas à se donner à fond», nous a déclaré Mohamed Merouazi, qui partage le rôle principal avec Sanaa Alaoui dans ce film. L’acteur ne tarit pas de louanges quant aux qualités tant professionnelles qu’humaines de la nouvelle étoile. « Dès notre première rencontre, j’ai senti un certain nombre d’affinités et de complicités…J’ai senti aussi que le rôle était pour elle. Elle a fait beaucoup de théâtre, et elle a le sens de la responsabilité et fait preuve de beaucoup de professionnalisme. J’ai trouvé du plaisir à la diriger car j’aime travailler avec les comédiens qui s’impliquent profondément dans ma vision ». Cette fois, c’est Abdelkader Lagtaâ qui parle de sa trouvaille, sur les colonnes du confrère “Libération”. Plus qu’une actrice, Sanaa est également une inconditionnelle de la danse. Moden jazz, salsa, danse orientale…Son amour pour cet art ne semble pas avoir de limites. Elle est aussi une grande sportive. Du badminton au basket-ball, en passant par le squash, les rollers. Des disciplines qu’elle pratique et qu’elle n’hésite pas à afficher, même sur son CV. Les talents multiples étant son unique crédo, Asmaa est également une polyglotte convaincue. A l’arabe et au français s’ajoutent également l’anglais et l’espagnol. C’est dire que tout est bon à apprendre. Et que tous les chemins mèneront, un jour certainement, vers le grand succès. En tout cas, ce ne sont ni les moyens, ni le talent qui manquent.

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