Au Japon hyperactif, les «paresseux» se retrouvent au Café Slow

Au Japon hyperactif, les «paresseux» se retrouvent au Café Slow

Comme la plupart des Japonais, Atsushi Yoshioka menait un train d’enfer, avant de décider de prendre le temps de vivre, d’ouvrir le Café Slow et d’adhérer au «club des paresseux». «J’étais quelqu’un d’hyperactif», se souvient M. Yoshioka, en évoquant sa carrière de 30 années à l’Unesco. «Je n’arrêtais pas de bouger, je déménageais sans cesse pour vivre dans un lieu plus grand et plus pratique. J’avais plus d’argent qu’aujourd’hui, mais je dépensais aussi beaucoup plus !». Quittant l’Unesco, il a fondé en 2001 un bar «sans stress» dans l’ouest de Tokyo, où les clients sont invités à apprécier un mode de consommation plus écologique et du café labellisé commerce équitable. «Nous essayons aussi de moins dépendre des produits pétroliers et de l’énergie nucléaire», précise M. Yoshioka. Il a été l’initiateur du concept «café dans le noir», une soirée hebdomadaire au cours de laquelle les participants éteignent la lumière et s’éclairent à la bougie. L’idée a été lancée pour protester contre le refus de l’administration américaine de ratifier le protocole de Kyoto, du temps de l’ex-président George W. Bush. «Notre civilisation essaie désespérément de supprimer l’obscurité en allumant partout la lumière», souligne M. Yoshioka. Pourtant, quand vous vous asseyez sans lumière artificielle, vous goûtez la sérénité de la nuit ou appréciez la lueur du jour. Cela aère votre esprit». Le Japon fait pourtant figure de contre-exemple, avec ses métros bondés de passagers pressés, ses écrans géants et néons illuminant les grandes cités et ses dizaines de milliers de commerces ouverts 24 heures sur 24. Ce modèle ne semble toutefois pas convenir à tout le monde, comme le montre l’installation à la campagne de jeunes fatigués par la société capitaliste et urbaine, qui adoptent la vie paysanne et lancent de nouveaux circuits d’échange, distincts des canaux de la grande distribution traditionnelle.  M. Yoshioka se rappelle s’être fait traiter de «débauché» lorqu’il a ouvert le Café Slow, mais souligne que de nombreuses mères de famille viennent désormais s’y relaxer avec leur bébé.  Le café de M. Yoshioka fait partie d’une tendance plus large et mondiale au «slow», dans des domaines aussi variés que la nourriture, la musique, la mode ou le sexe. Au Japon, ce mouvement est porté notamment par le «club des paresseux», un groupe qui a pour but «de promouvoir le mode de vie du mammifère arboricole homonyme», explique sa directrice-générale, Naoko Baba.

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