Au nom de la presse…

Mais surtout il exprime sa profonde reconnaissance au Maroc après sa libération mercredi, par les autorités du Tadjikistan. Rappelons que le journaliste marocain correspondant de la chaîne satellitaire «Dubai», avait été capturé vendredi par les Tadjiks pour être «entré sans visa» dans le pays. Il était accompagné de deux de ses confrères de la chaîne «Dubai» et deux autres de la chaîne arabe d’information «ANN», et revenait de Kaboul, après sa chute dans les mains de l’alliance du nord. Après 3 jours de détention, Anas Bouslamti a été relâché, grâce aux efforts déployés par le gouvernement marocain. Il a qualifié de «très difficiles» les conditions de sa détention, précisant avoir souffert du froid et de la faim. Les journalistes occidentaux avec lesquels il avait fait le trajet du fleuve du Penshir jusqu’à Douchanbé n’ont pas été inquiétés, alors que les journalistes portant des noms arabes ont été arrêtés bien que certains d’entre eux soient de nationalité occidentale. Anas Bouslamti a également remercié les journalistes et médias marocains pour le soutien et la sympathie qu’ils ont manifestés à son égard. Au Maroc, Anas Bouslamti a travaillé aussi bien dans la presse écrite, – collaboration avec le quotidien d’informations arabophone «Al Ittihad Al Ichtiraqui» -, mais aussi au sein de la chaîne télévisée 2M – présentateur de l’édition de 12h30 -. En outre, il a occupé le poste de Conseiller en Communication au Cabinet du ministre des Habouss et des Affaires Islamiques… Mais sa vocation première est de faire son métier sur le terrain… Il part alors pour Abu Dhabi. C’est ainsi qu’il a été l’un des premiers correspondants de la presse étrangère à s’être rend en Asie Centrale, pour couvrir par ses reportages, l’exode des réfugiés afghans qui, à l’approche de la guerre fuyaient le pays vers le Pakistan. Il faut savoir que depuis le début de l’année, 27 reporters ont été tués, dont 8 en Afghanistan. En 2000, 32 victimes ont été dénombrées, 36 en 1999, et enfin quelques noms, depuis 1995, sur différents fronts. Au jour d’aujourd’hui, 86 journalistes croupissent encore en prison dans le monde. Déchiré, le pays est livré au chaos, sans État et sans règle, sans force dominante, sans grands chefs, après six ans d’un régime fort doté d’un réseau policier extrêmement répressif qui contrôlait la majeure partie du territoire. Outre les bakchichs, de mise un peu partout, la mort des huit journalistes occidentaux a sonné comme un tragique rappel à l’ordre des risques encourus. Dans ce contexte difficile, et les conditions de travail des envoyés spéciaux se durcissant de plus en plus avec l’avancée du conflit, mercredi 28 novembre, une journée de soutien à la liberté de la presse a été organisée par Reporters sans frontières.

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