Au nom du père

Un communiqué du Syndicat libre des musiciens marocains précise que les membres de ce syndicat se battent depuis plus de sept ans pour que l’artiste ait un statut au Maroc. Plusieurs projets ont été soumis dans sens au ministère concerné qui les a refusés. Le syndicat discute en ce moment avec les ministères, les associations et les députés parlementaires afin d’appuyer le projet de loi relatif au statut de l’artiste et lui permettre de voir le jour, ajoute le communiqué. Il ne s’agit pas de mettre en doute la véracité du combat de ce syndicat, mais de s’interroger sur les raisons de ce rappel.
La question du statut de l’artiste a été discutée récemment au Parlement à l’initiative du Syndicat des professionnels du théâtre. Il ne faut pas être très perspicace pour comprendre que le syndicat libre des musiciens ne veut pas laisser les hommes de théâtre paterner le projet de loi relatif au statut de l’artiste. Les musiciens tiennent à jouer la partition de l’épopée que les hommes de théâtre voulaient représenter sans instruments de musique.
La guerre pour le statut de l’artiste devient ainsi la bataille de la revendication d’une paternité. Si les choses continuent de la sorte, il ne faut pas s’étonner de voir d’autres corporations d’artistes se mêler de cette affaire. «C’est à moi que revient le mérite de cette paternité et non pas à toi…» Le communiqué du Syndicat libre des musiciens marocains a pourtant du bon: il remet à l’esprit un projet de loi qui a suscité récemment une vive émotion, mais dont personne ne parle plus. Une marche de protestation a failli avoir lieu pour porter le gouvernement à se pencher sur ce dossier.
Le gouvernement l’a fait, mais personne ne sait le jour et de la date où ce projet sera, enfin, une réalité. Cela peut se réaliser dans un mois comme dans dix ans. C’est pour cette raison que la querelle du père est la bienvenue. Battez-vous messieurs pour la paternité d’un projet, pourvu que votre combat profite à tous les artistes !

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