Autissier monte sur scène à Paris

Autissier monte sur scène à Paris

La navigatrice Isabelle Autissier met en scène au mois de mai un spectacle musical où elle dit l’urgence de s’occuper d’une planète «courant tous les dangers». Accompagnée par une douzaine de musiciens, Autissier récitera les mardi 12 et mercredi 13 mai à la Maison de la Radio à Paris son petit opéra intitulé «Homo Loquax», l’histoire d’un savant qui libère des mots prisonniers de la banquise en faisant des carottages pour mesurer le réchauffement de la planète. La navigatrice de 52 ans vient de passer six mois en mer autour d’Ushuaïa, en Terre de Feu, près de l’Antarctique. «Quand je navigue, un truc me saute à la figure : je dois collaborer avec l’environnement. Si je fais la maligne, je me casse la gueule. Alors je dois regarder, comprendre, m’insérer en douceur donc apprendre à bien me comporter», dit-elle à Reuters pour expliquer sa démarche. Sur terre, «il devrait en être de même», dit-elle. «Si nous n’agissons pas plus rapidement, la fin des haricots sonnera déjà dans dix ans».
Au-delà de son spectacle, celle qui se définit «comme une combattante pessimiste active» témoigne en écrivant sur l’explorateur Kerguelen ou sur le Grand Sud (avec l’intellectuel Erik Orsenna), fait des chroniques à la radio, participe à un groupe de travail sur le «Grenelle de la mer». En résumé, elle cultive une curiosité perpétuelle. «Comme dit Erik Orsenna, curiosité vient de «coura» signifiant «prendre soin du monde». Quand je vois la mer en danger, cela me fait tellement mal que je suis même parfois dans l’incapacité de lire certains articles qui en parlent». En mer, Autissier n’écrit jamais. Elle remplit sa boîte à souvenirs «en vivant intensément chaque minute, chaque lumière, chaque bruit, chaque odeur. Je m’immerge». Elle les retranscrit plus tard pour jouer le rôle de «passeuse d’idées, d’émotions». Ce n’est qu’au coin de son poêle à bois, dans sa petite maison sans télévision de La Rochelle, que la Parisienne de naissance se met à écrire. «Quand on aime quelque chose, on a tout simplement l’envie de le faire partager, de le défendre. Encore plus s’il est en danger», explique-t-elle. Ingénieur agronome avant d’embrasser la course à la voile, par laquelle elle est devenue célèbre en 1994 en faisant naufrage dans son deuxième tour du monde en solitaire, Autissier est devenue «écrivain de marine». «Je devais finalement être une littéraire qui s’ignore», s’amuse-t-elle.

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