Aux 12èmes rencontres photographiques de Bamako : Yasmine Hajji s’exprime sur les «Words of world» en installation vidéo

Aux 12èmes rencontres photographiques de Bamako : Yasmine Hajji s’exprime sur les «Words of world» en installation vidéo

Selon Yasmine Hajji la photographie contemporaine au Maroc est en plein essor. Cet art montre un Maroc plus réaliste, légèrement fantaisiste aussi, mais qui reste encore «marginalisé».

La photographe marocaine Yasmine Hajji participe aux 12èmes rencontres photographiques de Bamako (Mali) prévues du 30 novembre au 31 janvier 2020. Lors de cette   biennale dédiée à la photographie contemporaine en Afrique, l’artiste participera, selon ses dires, avec son installation vidéo intitulée «Words of world». Une œuvre qui, d’après la photographe, «questionne le rapport entre un monde dominant, aseptisé, et un monde qui met en scène les contradictions de sa propre culture». «Words of world, ce sont les mots du monde, ceux qui nous façonnent, répétés en boucle jusqu’à perdre tout sens», précise-t-elle.

En fait, ce sujet «passionne» Yasmine Hajji qui dit continuer à travailler sur celui-ci. «D’autant qu’on est dans une surconsommation des images et dans un narcissisme virtuel. Ce qui est intéressant, c’est de voir que, tout ce qui était directement vécu, s’est éloigné dans une représentation», détaille-t-elle. A propos de la photographie contemporaine au Maroc, elle estime qu’elle est en plein essor. Pour elle, cet art montre un Maroc plus réaliste, légèrement fantaisiste aussi, mais qui reste encore «marginalisé». Outre la photographie, l’artiste travaille la vidéo. Mieux encore, elle se considère plus une artiste multimédia que plasticienne. Elle indique également aimer tous les supports de création, avec une «préférence pour la vidéo». Pour elle,  celle-ci offre de grandes possibilités de langage et de niveau de lecture, de par le montage et les installations. En plus de la Biennale de Bamako, la photographe a déjà exposé son installation à la galerie Venise Cadre à Casablanca. Comme le rappelle l’artiste, cette œuvre se réfère à une citation de Guy Debord : «Les hommes n’entrevoient le spectacle que comme loisir et non domination».

Cela étant, l’artiste est, selon ses dires, diplômée de l’Université Paris VIII en 1994, en études cinématographiques et audiovisuelles. En plus de la vidéo, son travail explore les différentes possibilités du montage en combinant et juxtaposant des images de sources diverses.  Elle construit un travail qui s’insère dans l’espace urbain à travers des collaborations diverses avec les musiciens les plus représentatifs de la scène alternative marocaine, comme Haoussa ou Abdellah Hassak. Ses vidéos et installations s’intéressent à la notion de représentation de l’autre, qu’elle soit physique ou sociale, dans un monde qui a le monopole des apparences, mais aussi au rêve et à la poésie urbaine. En 2015, lors du Billboard Festival, elle est remarquée par le commissaire d’exposition Christian Skovbjerg Jensen pour l’exposition «Merchants of dreams» sur l’art contemporain du Maroc au Danemark. Son travail a été présenté dans plusieurs expositions, personnelles et collectives, à la Société Générale de Casablanca, au Festival AVIFF de Cannes, à la 5ème Biennale de Marrakech, au Festival «Maghreb si loin si proche» en France, à la Fondation Hiba de Rabat, à la Villa des arts dans le cadre du Billboard, à l’Institut français de Casablanca, à la galerie Brandt 13 et à la galerie Viborg Kunsthal, au Danemark entre autres.

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