Babel, quand Génération Mawazine pose la pierre

Babel, quand Génération Mawazine pose la pierre

Mohammedia a eu son mot à dire au concours Génération Mawazine. Le rock de Babel, la virtuosité de ses musiciens, la voix brute d’Adil Benaouad et son grain ultra-aigu n’ont laissé de marbre ni les membres du jury ni le public rbati réputé exigeant et fin connaisseur. Les cinq enfants de Mohammedia ont remporté le Premier prix de Génération Mawazine 2011, catégorie Fusion. Une édition du concours très distinguée et pointue puisqu’ils auront comme prix le soutien de RedOne pour enregistrer leur album. RedOne qui n’est autre que le producteur marocain à l’origine de tubes à succès de stars telles Lady Gaga, Chakira ou même Michael Jackson entre autres stars. Et devenir des stars, plus exactement des rock, c’est ce qui a animé dès leur tendre enfance ces jeunes passionnés de mélodies et de gros son. C’est aussi ce rêve fou, plus grand qu’eux qui a été le motif de la rencontre des membres du groupe. Adil le nouveau chanteur et Youness Oudri le nouveau guitariste ont rejoint Babel en octobre 2010. Mais déjà bien avant, le groupe a été finaliste de Mawazine 2010 et avait à son actif depuis sa création en 2007, quelques compositions, quelques scènes, une petite légende ainsi qu’une synergie entre ses membres. Mais avec l’arrivée de Youness et d’Adil, c’est l’équivalent de la cerise sur le gâteau, c’est en marocain «Le piment sur le couscous». La voix d’Adil, c’est du piquant, c’est chaud, «Aïaïaïïï !», une voix profonde et puissante, un timbre impossible à imiter. Adil est le digne héritier marocain d’Axl Rose, chanteur des Gun’s Roses. Il a été bercé par les Deep Purple, Aérosmtih mais aussi par d’autres noms, notamment Metallica, Dream  Theater, AC/DC, U2, Lynyrd Skynyrd dont se revendiquent les autres magiciens qui font Babel. Adil a aussi à son pedigree 11 ans de chant et d’exercices vocaux au sein de la chorale de Mohammedia dont il était le soliste attitré. Mais ce n’est pas pour autant qu’il joue la diva de Babel, parce qu’il est conscient autant que les autres membres que l’esprit d’équipe, la rigueur, le respect, le partage et le désir d’apprendre et d’évoluer sont ce qui fait l’âme du groupe. Adam Erkam virtuose au clavier compose la majorité des titres. Yassine Ajebli le bassiste est l’horloge, le métronome avec Driss Benkiran : batteur, surnommé «carte mémoire», lui sans lequel les arrangements ne sont pas validés. Et pour décrocher le prix de Génération Mawazine, il a fallu pour le groupe, six heures par jour de répétition pendant cinq mois, où chaque Babelien a dû apporter sa pierre, son vécu, sa sensibilité, son langage pour édifier leur tour commune. Par ailleurs, la musique de Babel est accessible, mais originale. Elle pourrait même servir de générique de films. Cette musique se mêle aux textes intimes d’Adil chantés en darija qui racontent le quotidien du jeune Marocain. Et le tout dégage une énergie positive, une émotion sincère, et un sentiment de familiarité, de proximité avec un public marocain jeune et ouvert à toutes les influences musicales pour autant qu’elles soient authentiques.

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