Badr Assoûd Al Hassani, une scénographe en vogue

Badr Assoûd Al Hassani, une scénographe en vogue

Née à Assilah, dans l’ancienne médina, Badr Assoûd Al Hassani a baigné dans un haut-lieu d’art et de culture. « J’ai ouvert les yeux sur le Moussem d’Assilah, très tôt j’ai pris contact avec la couleur, les formes et la mer », se souvient-elle avec affection. Mais, contre toute attente, elle a passé un baccalauréat scientifique, option économie. Plus encore, elle allait poursuivre ses études supérieures dans la même branche à l’étranger. N’eu été un obstacle, elle aurait fait carrière dans l’économie. Mais le hasard en a décidé autrement. Cousine d’un enseignant à l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (Isadac), elle s’est vue proposer de faire plutôt carrière dans le théâtre. En 1991, elle a été admise sur concours à l’Isadac. L’influence de son cousin, artiste-peintre également, était décisive. En intégrant cet Institut, elle se découvre une passion pour la scénographie.
Ce choix devait l’arranger, d’autant plus que « ma timidité ne me prédisposait pas à l’interprétation », dit-elle. « Après tout, explique-t-elle, depuis ma tendre enfance, j’ai toujours aimé travailler avec mes mains pour façonner des costumes, créer des formes, etc ». Pendant ses études, elle  aura l’occasion d’approfondir ses connaissances en scénographie, bénéficiant de stages de formation à l’éclairage, à la confection de costumes, à la mise en espace, le tout encadré par des professionnels de la scénographie internationaux, entre autres Philipe Russens, éclairagiste dans un théâtre en Belgique. En 1995, après avoir décroché son diplôme de l’Isadac, elle a été admise en tant que professeur d’enseignement artistique à la Délégation du ministère de la Culture de Meknès. « Cela m’a permis de mettre un peu d’argent de côté, m’assurant par conséquent une stabilité financière combien nécessaire et propice à la création artistique », se réjouit-elle.
En 1998, l’artiste s’est barrée en France pour faire des études dans une école parisienne spécialisée en arts du spectacle. Ce cursus sera couronné, en 1999, d’un diplôme en la matière dans la capitale française. De retour au Maroc, en 2000, « j’ai eu la chance de jouer avec une troupe française,  le Théâtre du Versant  (Ndlr : sud de la France), dans la pièce « Le fripon divin », une co-production marocaine avec la France et le Mali. Le succès de cette pièce a été tel que, après une tournée d’un mois en France, Badr Assoûd fera le voyage au Mali où également plusieurs représentations étaient au rendez-vous. « Cela m’a offert la possibilité de connaître d’autres écoles de théâtre et d’autres styles d’interprétation », nous dit-elle. En effet, une récompense viendra confirmer cette percée.
En 2000, Badr Assoûd remportera le prix de la meilleure scénographie pour la pièce « Semelles du vent » de Bousselham Daïf. C’était parti pour plusieurs années de travail avec la troupe de ce jeune metteur en scène, en l’occurrence la troupe Chamates de Meknès. La dernière pièce où elle a refait apparition, ce n’est rien d’autre que l’excellent spectacle mis en scène par Mohamed Zouhir, « Dar Laman », une adaptation d’après le célèbre texte « La Maison de Bernarda Alba » de Federico Garcia Lorca. D’autres projets viendront émailler un parcours riche et original.

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