Barnier : L’Etat doit rester discret pour Florence Aubenas

« La mobilisation de tous ceux qui sont attachés à la liberté d’expression, à la démocratie, de tous ceux qui connaissent Florence Aubenas et son professionnalisme, de tous ceux qui connaissent son accompagnateur Hussein Hanoun, toute cette mobilisation est utile », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, à la radio publique France Inter. Mais, a-t-il ajouté, ce que « chacun doit comprendre, s’agissant de l’Etat, c’est que nous devons travailler dans la discrétion, c’est la condition de la sécurité de ceux qui ont disparu ». Il a souligné que « toutes ces situations de disparitions ne se ressemblent pas. Elles ne sont pas forcément liées aux mêmes causes et aux mêmes raisons ». « Nous sommes totalement mobilisés depuis le 5 janvier, depuis le moment où nous avons appris la disparition de Florence Aubenas et de son accompagnateur irakien Hussein Hanoun », a poursuivi Michel Barnier. « Ici à Paris, et naturellement à Bagdad, tous les services de l’Etat, tous nos diplomates, tous nos agents sont mobilisés exactement comme nous l’avons été au moment où nous avons appris au mois d’août la disparition de Christian Chesnot et de Georges Malbrunot » a-t-il insisté.
Le président de l’UDF, François Bayrou, s’est inquiété samedi, lors du congrès de son parti, d’une moindre mobilisation pour la journaliste « enlevée en Irak » il y a 17 jours que pour ses confrères Christian Chesnot et Georges Malbrunot, libérés le 21 décembre après 124 jours de détention.
Le secrétaire général de l’association de défense des journalistes, Reporters Sans Frontières, Robert Ménard, invité lors de ce congrès, a jugé que la mobilisation « n’est pas à la hauteur de ce qu’elle devrait être ». Antoine de Gaudemar, le directeur de la rédaction du quotidien Libération pour lequel travaille Florence Aubenas, également invité lors de cette réunion, a déclaré qu’il était important que les journalistes soient en Irak où se déroule « le conflit le plus important de la planète ». « Si les journalistes ne sont pas là où se passent sans doute les événements les plus importants de la planète, c’est toute une partie de l’information qui devient aveugle », a-t-il observé.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *