Barry : «c’est au public de juger ma musique»

Barry : «c’est au public de juger ma musique»

ALM : Votre premier album a été produit par la société de production Sigma et a été distribué à quelque milliers d’exemplaires. Comment vivez-vous cette première expérience ?
Barry : « Sleeping System » est en fait le premier album que je concrétise avec une vraie société de production musicale. Mais ce n’est pas ma première expérience. Il y a quelques années déjà, j’ai produit deux albums chez moi, à la maison, avec les moyens du bord. Il faut dire que le fait de préparer un album chez soi n’a rien à voir avec celui de le faire dans une maison de production.  En effet, Sigma a mis à ma disposition les moyens pour travailler et a veillé à ce que je le fasse dans de bonnes conditions. J’ai vendu à ce jour 42. 000 exemplaires à travers le Maroc, grâce à Tel Quel. J’espère que le public marocain va continuer à apprécier cet album.

Comment définissez-vous votre propre style de musique ?
Je m’inspire essentiellement de la musique marocaine, maghrébine et jamaïcaine. C’est d’ailleurs une longue histoire d’amour que je partage avec elles. J’essaie de faire une fusion entre ces différents styles ; une fusion de tout ce qui vient des pays et non pas uniquement de leurs styles de musique. J’aime bien aussi le jazz, le blues et le funk. J’essaie de travailler plusieurs genres musicaux tout en veillant à produire une musique proche du Maroc et du monde arabe en général. Ceci demande plusieurs heures, voire plusieurs jours de travail.

Comment choisissez-vous les thèmes de vos chansons ?
« Sleeping System » parle des problèmes que vivent les Marocains au quotidien parce que je suis marocain et que je vis aussi ces problèmes. Mes chansons traitent aussi des problèmes du monde arabe et de ses guerres. Ce sont des sujets engagés qui me tiennent vraiment à cœur.

Justement, certains critiquent le choix d’utiliser la darija et des sujets un peu trop crus. Qu’est-ce que vous leur répondez ?
Dès le début de ma carrière, j’ai fait le choix de chanter dans un langage proche des Marocains. Certains pourraient trouver mon style un peu trop terre-à-terre à leur goût, mais moi je sais de quoi je parle. Je travaille mes paroles et en aucun cas je n’utilise des mots choquants ou irrespectueux. Ce que je fais est avant tout de la poésie. Une poésie que tout le monde arrive à comprendre et à en saisir le sens. Mon style est plus ou moins récent, ceux qui le critiquent n’ont peut-être pas pris le temps de l’écouter et de le comprendre. Je chante en « Darija » du quartier ce qui, forcément, ne peut pas plaire à tout le monde. Mon objectif, c’est de faire de la musique même pour ceux qui n’écoutent jamais de musique. Et c’est après tout au public de juger ma musique, à eux de dire ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas. 

Quels sont vos projets en cours de réalisation ?
J’ai déjà composé mon prochain album. Il est presque prêt. Il ne me reste que quelques arrangements à faire. Je pense qu’il sera disponible à partir de l’été prochain. Préparer un album demande une année de travail, sinon plus.
Pour cet album, je vous réserve quelques surprises. J’y ai introduit de nouveaux genres musicaux, mais en général, le style restera proche de celui de « Sleeping System ». En ce qui concerne les thèmes des chansons, pas de changements non plus. Ils seront à 90% engagés. Je compte aussi distribuer 30.000 cassettes dans plusieurs points de vente. Les foyers marocains ne sont pas encore tous équipés en lecteurs CD. Je ferais, par ailleurs, un concert à Barcelone, en Espagne, le mois de septembre prochain.

Cette passion de la musique, d’où la tenez-vous ?
Dans ma vie, j’ai fait plus de musique que d’études. J’ai toujours été passionné par les rythmes et les mélodies. Chez moi, je passais beaucoup de temps à travailler la musique. Ensuite, j’ai fondé un premier groupe, puis un second. Je suis aussi passé par presque tous les styles. En 2000, je découvre le monde de la fusion. Et c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à faire des collaborations avec plusieurs DJ nationaux et parfois internationaux. La fusion n’est pas venue juste comme ça. C’est un savoir que j’ai acquis grâce à plusieurs années de labeur.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *