Beaux-arts : 55 ans déjà !

Beaux-arts : 55 ans déjà !

Ça bouge à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Casablanca (ESBAC). Le nouveau sang injecté par l’arrivée de Abderrahman Rahoule à la direction de l’ESBAC commence à prendre forme. Et les 120 étudiants qu’accueille l’établissement commencent, eux aussi, à sentir ce vent de changement. La grande bâtisse, en plein centre de Casablanca, a démarré l’année 2005 avec d’ambitieux projets et de nouvelles préoccupations. L’Ecole supérieure des beaux-arts de Casablanca fêtera, ce mois-ci, en grande pompe, son 55e anniversaire. L’événement sera célébré par l’organisation d’une exposition collective des oeuvres du célèbre « groupe de Casablanca », qui rassemble, entre autres, Mohamed Melehi, Farid Belkahia et Mohamed Chabaa. La célébration du 55e anniversaire de l’ESBAC sera également l’occasion d’inaugurer une nouvelle galerie, au sein même de l’établissement. « Cette galerie est ouverte à tous les artistes marocains. Nous avons commencé, d’abord, par exposer les oeuvres des étudiants de l’ESBAC de la promotion 2003/2004 et puis nous enchaînerons avec une exposition du « groupe de Casablanca ».
Cette initiative est louable puisqu’elle permettra aux étudiants de voir de très près les oeuvres de nos artistes. Et vice versa » fait remarquer Abderrahman Rahoule, le directeur de l’ESBAC. Connue pour avoir formé de grands noms de l’art pictural marocain, l’Ecole supérieure des beaux-arts de Casablanca est le deuxième établissement public, après celui de l’Institut national des beaux-arts de Tétouan, à enseigner cette fine et délicate discipline. L’ESBAC initie les étudiants aux branches suivantes : céramique et sculpture, design et publicité, architecture d’intérieur et arts plastiques. Entre cours pratiques et d’autres théoriques, l’établissement fait découvrir à ses étudiants les nouvelles technologies de l’information et de la communication.
«L’Ecole vient de se doter du matériel informatique, et ce pour assurer des cours d’infographie utiles à nos étudiants. On a pu avoir ce matériel grâce à l’aide financière du maire de Casablanca» note Rahoule. Par les temps qui courent, une formation solide et adaptée aux exigences du marché du travail est la condition sine qua noné pour trouver un emploi, en l’occurrence dans un tel domaine. Un souci que des étudiants ne cachent pas, eux censés être guidés par les émotions et les sentiments. Certains d’entre eux ont trouvé pourtant la parade : des études simultanées avec l’ESBAC. Une seconde formation en parallèle avec ces cours artistiques, le plus souvent dans une branche économique. Le choix est à mille lieu d’être fortuit : c’est dire tout le spectre matériel qui hante l’esprit de ces artistes en herbe. En plus de l’exiguïté du marché du travail et l’étroitesse des chances de recrutement, l’ESBAC péche par l’absence de la liste de ses cours d’une discipline primordiale : la communication.
Mahassen Meriem, 22 ans, étudiante en troisième année en design et publicité, déplore « le manque d’un cours de communication susceptible de nous familiariser avec les techniques de rédaction d’une lettre de motivation, d’une quelconque demande… ». Mais c’est en parlant des langues enseignées à l’ESBAC que Mahassen Meriem affiche son désarroi. « Ici, on ne nous enseigne que la langue arabe, alors que nous avons vraiment besoin d’apprendre les autres langues étrangères. C’est capital dans la formation d’un artiste ! » ajoute-t-elle. Et pourtant, il n’y a pas que de l’ombre à ce tableau de l’ESBAC peint par cette jeune et ambécieuse étudiante. Les récents changements qu’a connus l’établissement sont la preuve tangible de la ferme volonté de la nouvelle direction d’aller de l’avant. « Notre ESBAC commence à devenir une école où on enseigne l’art. Cela se voit avec l’aménagement du jardin et la création de la buvette. C’est déjà pas mal pour une direction qui vient de s’installer », note Mahassen Meriem, les yeux pleins d’espoir.
L’espoir est également le maître-mot du directeur de l’ESBAC qui se félicite de cet accord de partenariat établi entre son établissement et la prestigieuse Ecole des beaux-arts de Paris. Cet accord concerne l’atelier de photographie où des professeurs de l’Ecole des beaux-arts de Paris viendront enseigner à l’ESBAC.
Cette dernière entame, lentement mais sûrement, une nouvelle stratégie pensée et mise en oeuvre par Rahoule, un ex-lauréat et un professeur à l’ESCAB depuis 1977. « La chose qui me tient le plus à coeur est l’ouverture de l’ESBAC au monde extérieur », affirme-t-il. Un voeu légitime pour un établissement public qui s’apprête à fêter son 55e anniversaire.

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