Bernard Werber : «Je cherche à surprendre»

Bernard Werber : «Je cherche à surprendre»

ALM : Votre dernier roman, « Le papillon des étoiles» a été vendu à plusieurs milliers d’exemplaires en France. Quel est le secret du succès de vos ouvrages ?
Bernard Werber : Selon les derniers chiffres qui me sont parvenus, « Le papillon des étoiles » a été vendu à 250.000 exemplaires. C’est la cinquième meilleure vente actuellement en France. Je ne sais pas au juste la raison de ce taux intéressant des ventes, mais néanmoins je peux vous révéler ma démarche.
Pour écrire mes romans, j’ai une seule et vraie source d’inspiration. Ce sont les gens. Toutes les rencontres que je fais dans ma vie alimentent mon imaginaire.  Lors de mon séjour à Casablanca par exemple, je me suis rendu au lycée Lyautey. J’ai rencontré deux cents étudiants et j’ai parlé avec eux de ma carrière et de mon écriture. Ils ont appris de moi plusieurs choses et moi, pour ma part, j’ai fait plusieurs découvertes. Les réflexions qu’on développe en commun donnent naissance à une sorte de fusion des esprits. Je donne beaucoup d’importance à cette interactivité qui constitue une matière permanente pour ma créativité. Et qui sait, peut-être que cette rencontre fera l’objet d’un prochain ouvrage.

Vous êtes qualifié d’écrivain scientifique. Qu’est-ce qui vous a valu cette appellation ?
Avant d’écrire des livres, j’ai fait des études de criminologie. J’ai toujours été impressionné par cet univers. Lorsque j’étais jeune, j’écrivais des nouvelles sur des mystères. J’ai même écris une série de nouvelles intitulée « Les enquêtes de Taupin »  et qui est un travail sur le principe du meurtre à huis clos. L’enquête policière est mon dada. C’est le seul genre à travers lequel on peut créer du suspenses et par là-même à susciter l’intérêt des lecteurs et les surprendre.

Créer du suspense, est-ce la finalité de votre écriture ?
Surprendre mes lecteurs est, en effet mon véritable objectif. En lisant un roman, le lecteur doit apprendre des choses, mais aussi et surtout prendre plaisir pendant la lecture. Je considère que l’acte de lire doit être un loisir et non une torture. Lorsqu’on raconte des histoires en créant du suspense, en révélant des mystères, le lecteur est emporté. Il s’accroche jusqu’à la fin. De cette manière, on réveille les lecteurs. C’est de cette manière que nous pouvons les détendre.

La mort est toujours un thème récurrent dans vos romans. Pourquoi cette fascination pour l’au-delà ?
Cet univers insondable me fascine. Je suis curieux de ce monde de la mort. C’est pour cette même raison que j’ai décidé, à un certain moment de ma vie,  d’entreprendre des études en criminologie et que je me suis, par la suite, spécialisé dans les faits divers lorsque j’ai travaillé en tant que journaliste dans la presse écrite.

Vous aimez toujours répéter que vous vous entraînez à l’écriture d’une façon régulière. Pensez-vous que la discipline est importante pour un artiste ?
Les plus grands écrivains que j’aime et que je respecte effectuent quatre heures et demie d’écriture tous les matins.
Pour être régulier et pour ne pas tomber dans le risque de la feuille blanche, il faut s’imposer une discipline. En tout cas, pour moi, cela devient presque une nécessité. Au départ, j’écrivais de 8h30 à 12h30 et par la suite j’ai ajouté une heure d’écriture de nouvelles de  18 heures à 19 heures. Lorsqu’on commence à écrire c’est difficile de prendre le bon départ, petit à petit, on trouve le bon souffle. C’est pour cette raison qu’il faut continuer sur la même lancée.

Avez-vous trouvé le bon souffle pour écrire des romans ?

Actuellement, j’arrive à produire deux livres par an. J’ai la possibilité d’écrire plus d’ouvrages durant l’année, mais je n’ai pas suffisamment le temps. J’ai aujourd’hui d’autres occupations comme le cinéma.

Vous venez de terminer votre premier long-métrage «Nos amis les terriens» produit par Claude Lelouche. Comment s’est déroulée cette expérience
Avant ce long-métrage, j’avais déjà réalisé un court-métrage. C’est une expérience qui m’a enrichi. J’ai continué à réfléchir à des projets de scénarios. Celui de « Nos amis, les terriens » a été apprécié par Claude Lelouche et il a manifesté son souhait de le produire. Pendant le tournage, il était présent tous les jours. J’ai admiré son attitude. Il a été un chef admirable.

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