Bilan solide de Noureddine Saïl

Bilan solide de Noureddine Saïl

La deuxième chaîne de télévision change de directeur-général. Noureddine Saïl quitte la direction de 2M pour celle du Centre cinématographique marocain (CCM). Certains commentent d’emblée cette nomination par : «le cinéma gagne, la télévision perd un grand professionnel !» Après quarante-deux mois à la tête de 2M, Noureddine Saïl a en effet initié une politique qui a permis d’asseoir solidement cette chaîne dans le paysage audiovisuel. Il suffit de citer certaines actions dont l’ancien directeur-général de 2M est à créditer pour s’en rendre compte. Passage de la chaîne à la diffusion en continu (24h/24). Lancement de la chaîne satellitaire : 2M Maroc. Lancement du portail de 2M. Lancement de Radio 2M. Élargissement du réseau de diffusion des programmes dans le bouquet numérique de Canal Satellite et de Noos. Reconstitution du capital d’une chaîne qui était quasiment en dépôt de bilan. De ces multiples acquis, Noureddine Saïl n’en cite aucun lorsqu’on l’interroge sur les actions dont il serait fondé d’être fier. En fait, il en nomme seulement trois. En premier lieu, la grille des programmes ainsi que la mise en place de direction, à l’intérieur de la chaîne, ont permis de répartir selon des priorités clairement définies. L’identité 2M s’en est affermie. Cette chaîne repose désormais sur le sport, l’info, le cinéma et les fictions. La deuxième innovation dont s’enorgueillit Noureddine Saïl a trait à la production. Deux téléfilms marocains par mois. Tel est le pari réussi par 2M. Cette chaîne dispose aujourd’hui de près de 40 téléfilms, et d’un vaste programme qui fournit régulièrement du travail aux techniciens, réalisateurs et comédiens marocains. Ces derniers sont unanimes à reconnaître l’importance des téléfilms qui ont quasiment modifié leur mode de vie. Alors qu’ils traînaient longtemps sur les terrasses des cafés avant de décrocher un rôle, les plus talentueux d’entre eux sont aujourd’hui surbookés jusqu’à fin 2004. La politique de production de 2M concerne aussi des long-métrages nationaux. Des films comme «Ali Zaoua» de Nabil Ayouch, «Les yeux secs» de Narjiss Nejjar et «Mille mois» de Faouzi Bensaïdi sont coproduits par 2M. Cette chaîne s’est également impliquée dans des co-productions de films internationaux. Certains long-métrages, co-produits par la deuxième chaîne, ont été récompensés dans de prestigieux festivals. «Intervention divine» d’Elia Suleiman a reçu le prix du Jury au Festival de Cannes 2002, et «Cerf-Volant» de la Libanaise Randa Chahal Sabbag a été primé par Le lion d’argent de la Mostra de Venise. Le troisième motif de fierté de Noureddine Saïl est une action d’ordre social. Il s’agit d’une convention collective, établie de concert entre la direction et les employés de la chaîne. «C’est la première convention du genre dans tout le paysage médiatique marocain. Et elle protège réellement l’ensemble du personnel de 2M», nous confie un journaliste.D’autre part, l’ancien directeur-général de la deuxième chaîne n’abonde pas seulement dans le sens des projets aboutis. «Je n’ai pas réussi à régler le problème de la gestion de la pub», dit-il. Il déplore à cet égard que le «sponsoring avec une régie efficace et belliqueuse», n’ait pas été suffisamment développé. Cela n’enlève toutefois rien au bilan très honorable de Noureddine Saïl à la tête de la deuxième chaîne. Une vision claire sous-tendait sa politique. Cette vision aurait peut-être trouvé son aboutissement avec l’acheminement vers une chaîne de télévision, d’obédience privée. Le choix inverse semble avoir été fait. Le temps n’est pas toutefois aux regrets. Un chantier vital, nécessitant des travaux herculiens, attend Noureddine Saïl.

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