Bouchra Ijork : «Une gentillesse suffit à me rendre heureuse»

Bouchra Ijork : «Une gentillesse suffit à me rendre heureuse»

ALM : Quel est le secret de la réussite de votre film «L’orange amère »?
Bouchra Ijork : J’ai réalisé le film «L’orange amère» avec le cœur et l’âme. Il n’y a pas de recette magique, j’ai réalisé ce film avec beaucoup de sérieux, de sensibilité et de rigueur. J’ai travaillé sur les détails et je me suis entourée d’une équipe professionnelle d’acteurs et de techniciens. J’ai voulu transmettre des sentiments vrais et purs, avec une belle histoire, un beau décor, une bonne musique et une forte direction d’acteurs et les gens ont senti ces détails.

Que représente pour vous la réalisation et l’écriture ?
La réalisation et l’écriture sont deux moyens d’expression à travers lesquels j’essaye de transmettre mes idées, mes pensées ainsi que les choses qui me gênent. Je suis humaniste et pas du tout féministe. J’essaye à travers ces moyens de soulever généralement les problèmes liés à la femme, l’homme et l’enfant. Je ne me concentre pas uniquement sur la femme. Par ailleurs, je ne défends pas la femme du point de vue du sexe mais j’essaye de dénoncer les problèmes qui touchent toute la société marocaine.

Vous êtes actrice, réalisatrice et écrivaine, comment expliquez-vous cette triple casquette ?
Je peux dire que le jeu d’acteur exprime le langage du corps et de l’âme. La caméra transpose les choses de la vie à travers un nouvel œil, alors que l’écriture est un champ d’expression par les mots et au moyen de la plume. Je me retrouve dans ces trois moyens d’expression, je surfe entre ces trois disciplines avec une liberté totale sans aucune complexité. Je crois à la spécialisation et à l’approfondissement des connaissances. Si je m’intéresse à ces trois moyens d’expression, c’est que je suis lauréate de l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (Isadac) branche art dramatique, j’ai étudié la réalisation à l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son en France (FEMIS) et je suis une mordue de littérature.

Vous jouez de moins en moins dans des pièces de théâtre et dans des téléfilms, pourquoi?
Pour expliquer le pourquoi, je dirai pour ma défense que je consacre la plus grande partie de mon temps à la réalisation et à l’écriture, c’est pour cela que je joue moins souvent ou alors je fais de petits rôles juste pour marquer ma participation et surtout pour me faire plaisir. Sinon pour mes participations internationales, j’ai joué dans le feuilleton syrien «Le maître des amoureux» aux côtés des plus grands acteurs syriens. J’ai eu le rôle de «Zineb», une fille à forte personnalité qui évolue dans une tribu. Au début de ma carrière, toutes mes participations étaient des rôles principaux surtout dans les téléfilms. Je cite par exemple «Les racines de l’arganier», «Mémoire de Wardia», «Ghazl al-waqt» et «Une nuit pluvieuse» et autres.

Commet évaluez-vous le cinéma féminin au Maroc ?
Pour moi, il n’existe pas de cinéma féminin, le cinéma c’est le cinéma et rien de plus. Après c’est une question de créativité. Cela dit, je peux dire que mes collègues réalisatrices marocaines traduisent certains sujets avec une immense sensibilité. Ces réalisatrices ne sont pas restées limitées aux faux préjugés sur la femme. Grâce à leurs capacités intellectuelles et artistiques, elles ont pu mener le cinéma marocain à son évolution actuelle. Je suis heureuse de voir leurs travaux décupler et le nombre des réalisatrices femmes marocaines s’accroître.

Comment vous passez votre temps libre ?
Je consacre tout mon temps à l’écriture et au voyage. J’aime découvrir les pays et explorer les villes marocaines. Cependant, je pratique aussi beaucoup de sport et j’essaye de lire des romans et des ouvrages. Actuellement, je lis «Cent années de l’isolement» du grand écrivain Garcia Marquez. Il y a longtemps que je l’avais lu en arabe, maintenant, je le redécouvre en version française.

Parlez-nous de Bouchra Ijork la femme ?
Je suis sociable de nature. Loin d’être une personne renfermée, j’entretiens de bonnes relations avec les gens. J’aime voir la vie avec optimisme. Je suis généralement joviale et heureuse et jamais boudeuse ou pessimiste. Une gentillesse suffit à me rendre heureuse. Je suis une personne spirituelle qui n’aime pas les matérialités.

Quel est votre horoscope ?
Scorpion !

Quel sont vos projets ?
Je prépare mon prochain téléfilm intitulé «Koulchi fat» et j’écris une série dans le cadre d’un atelier.

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