Bourses L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science au Maghreb: Le fameux sésame pour des chercheuses de qualité

Les cinq lauréates des 11èmes bourses régionales L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science dans le cadre du programme Maghreb sont désormais connues. La cérémonie de remise des bourses d’une valeur de 10.000 euros ayant eu lieu jeudi soir. Nous sommes partis à leur rencontre, mercredi à Casablanca, avant la tenue de cette grand-messe. 

Il s’agit, en premier lieu, de Fatima Zahra Janati Idrissi, docteure marocaine en chimie, qui œuvre dans le domaine des substances naturelles. Lors de son doctorat, elle a fait, selon ses dires, des isolements des molécules bioactives à partir des plantes et micro-organismes. Sa démarche consiste à une application par la suite sur le domaine de santé que ce soit à travers des tests anticancéreux ou antifongiques ou antibactériens. Son objectif est d’essayer de trouver de nouvelles molécules pour les utiliser dans les médicaments. Pour l’heure, elle travaille, après avoir eu son doctorat, en valorisation des huiles essentielles dans les domaines cosmétiques et agroalimentaires. Pour sa part, Hanae Debbagh, docteure marocaine en biologie, travaille sur les activités anti-cancéreuses et anti-inflammatoires des algues marines. Son objectif consiste à extraire ou purifier des composés bioactifs pour identifier ceux-ci et découvrir des médicaments naturels qui sont effectifs et non-toxiques pouvant attaquer seulement les cellules cancéreuses sans toucher celles normales. Quant à Amal Benares, docteure tunisienne en science biologique, elle identifie de nouveaux marqueurs pour prédire et détecter précocement le cancer du sein. A travers sa recherche, elle veut proposer aux patientes un traitement personnalisé afin d’éviter les traitements inutiles qui ont des effets néfastes sur la santé.

Outre ces trois boursières, Nawal Zaatout, doctorante algérienne en microbiologie appliquée, travaille sur les propriétés de persistance des staphylocoques responsables de la mammite bovine. Quant à Ibtissam Letrachi, attachée temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université de Pau, elle a fait sa thèse en collaboration avec la Faculté des sciences de Gabès en Tunisie et l’Institut de biologie intégrative de la cellule en France. Son travail consiste à étudier les mécanismes de la différenciation des bactéries en bacteroides fixateurs d’azote. Pour ce faire, elle a contribué à l’identification des peptides antimicrobiens chez une plante de la famille des légumineuses qui s’appelle ascu nomine, une plante assez proche de l’arachide. Ces peptides sont, selon ses dires, les effecteurs de la différenciation bactérienne et s’apparentent à des peptides antimicrobiens cationiques qui sont effecteurs de la réponse immunitaire innée. L’objectif de sa recherche sera de développer ces peptides comme antibiotique naturel dans un cadre symbiotique. Elle va utiliser ces peptides symbiotiques comme antibiotiques naturels tant dans le domaine phytosanitaire qu’en alternative thérapeutique au traitement anti-infectieux classique chez le mâle des animaux.

Les boursières sont unanimes à estimer que ce prix est une reconnaissance de leurs parcours qui ne sont pas vraiment évidents et de leurs activités de recherche. Cette bourse est aussi une source de motivation pour avancer dans leur domaine de recherche. «Cela va nous permettre d’avoir plus de résultats, de publier plus d’articles et de pouvoir décrocher des postes», avance Fatima Zahra Janati Idrissi. Les lauréates sont également fières de la renommée mondiale de cette bourse. «L’Oréal Unesco est un programme international. C’est une occasion exceptionnelle pour continuer notre travail, voire participer aux congrès internationaux», estime Hanae Debbagh.

Selon Ibtissam Letrachi, il existe des difficultés surtout au niveau du financement et du matériel. «Mais on arrive à faire de la science de qualité», poursuit-elle. Pour Hanae Debbagh, il est très difficile de réaliser, au Maroc, les expériences de la recherche surtout dans le domaine de la pharmacologie et la chimie. «Nous avons toujours besoin de chercher du financement et des bourses pour aller travailler dans des équipes internationales pour compléter notre étude », enchaîne-t-elle. Le même son de cloche est relevé chez Fatima Zahra Janati Idrissi qui trouve que la recherche scientifique est très importante au Maroc, cependant la plupart des gens partent à l’étranger par manque de financement et manque de matériel.

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