Boushra : «Le sable est magie et éternité»

Boushra : «Le sable est magie et éternité»

ALM : Vos oeuvres sont toutes marquées par l’utilisation des sables comme « matière première ». Quelle en serait l’explication ?
Boushra : Le sable, c’est pour moi l’enfance. C’est aussi ce qui reste, dure et perdure. Les gens passent, mais les sables restent. C’est la marque non seulement de l’espace, mais aussi du temps. Il s’agit pour moi d’une expression de l’éternité, qu’incarnent des grains minuscules de sable et de la magie qu’offre cette matière à son regard. Ma quête de partage se transmet également à travers les lieux où ces sables sont collectés, de Cancun à l’Afrique du Sud en passant par plusieurs autres sites et plages. Où que l’on soit et d’où que l’on vienne, l’émerveillement pour le sable est partagé entre nous tous. On est tous pareils devant la vue d’une belle plage. On l’apprécie tous, on en profite tous. C’est à la fois une recherche d’universalité et d’humanité qui est mise en exergue dans ce sens. L ‘objectif n’est autre que rapprocher les gens et les continents à mon humble niveau.
Vos couleurs, vives et rugueuses, n’ont également pour origine que des matières naturelles, comme les épices et les pigments. Serait-ce là une volonté de revenir à la source ?
Les pigments et les épices qui constituent les couleurs de mes tableaux sont pour moi la marque de la pureté, ne contenant pas de matières chimiques. C’est ma propre quête d’authenticité et ma recherche de pureté que je transmets à travers l’utilisation de ces matériaux. C’est aussi une façon de dire que tout existe dans la nature.
Plus qu’une artiste-peintre, vous avez également essayé de monter une Galerie d’art portant votre nom à Casablanca. Qu’est devenue cette galerie ?
La galerie que j’avais montée n’existe plus maintenant, pour des raisons auxquelles je préfère ne pas revenir. Mais j’ambitionne d’en re-monter une autre, ainsi que plusieurs autres projets, au Maroc, où je passe actuellement six mois par année.
Vous avez également mené des études portant, entre autres sur les arts plastiques au Maroc. Quel regard portez-vous sur cette discipline maintenant ?
Les arts plastiques évoluent d’une très bonne manière au Maroc. Il y a à peine dix ans, cette discipline était l’apanage d’une poignée de personnes qui s’accaparaient tout. Les arts plastiques étaient une discipline fermée, y compris face aux jeunes artistes-peintres. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle j’ai dû quitter le pays pour m’installer en France. Maintenant, un véritable mouvement est en train d’être mené, avec des gens qui donnent l’occasion aux jeunes artistes-peintres de pouvoir s’exprimer et exposer leurs travaux. Tant mieux.

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