Caftan 2008 : Quand beauté rime avec créativité

Caftan 2008 : Quand beauté rime avec créativité

C’est vers 20 h que le coup d’envoi du défilé a été donné dans une salle archi complète, regroupant artistes, décideurs, invités d’honneur, venus nombreux encourager cette initiative qui met en valeur la richesse et la diversité de la couture traditionnelle, notamment celle du caftan, inscrit aujourd’hui dans la cour des grands, celle de la haute couture, chapeauté par les grands stylistes internationaux. Quand beauté rime avec créativité.
La beauté du défilé se doit, en plus de la créativité des artistes, à la direction artistique de la manifestation. Amour, glamour et rock’n roll sous tendent la trame du défilé. Une scénographie aux touches professionnelles. Quatre vitrines derrière lesquelles se tiennent les silhouettes des mannequins aux corps élancés et sveltes. Comme quoi, pas besoin d’un régime «sveltos», pour avoir des corps de cygnes ou de gazelles.
Le bal du défilé s’ouvre ave une collection de caftans noirs, signée Ihssane Ghaïlane. Une couleur qui ressort les beautés des plus candides et pudiques des Eves. Sous les applaudissements, pleuvant comme des torrents de pluie, les regards émerveillés des spectateurs, les caftans se dressent  comme un tableau de collage où cuire rime avec soie, satin ou tafta. De larges ceintures en cuire, caressent la taille fine des mannequins. Abdelhanine Raoul, lui, embellit ses caftans avec des tissus en soie et dentelle. Son aventure s’entame avec des tons de blanc, blanc cassé argenté et s’achève dans l’inachèvement, avec des caftans couleurs bleu ciel, vert, violet, et col en fourrures, des tissus et couleurs que seule la main d’un véritable maalem aurait pu en extraire la beauté. De motifs en motifs, du petit détail au tableau final et la beauté enfantée  par la créativité s’éclaircit. Avec Maria Ouazzani, on marque un réel retour aux sources où le caftan traditionnel est mis en valeur. Maria s’abreuve des broderies réalisées autrefois par ces grandes «maalmat», loin des regards des curieux. Un savoir-faire qui s’est transmis de génération en génération et qui revient en force lors du défilé du samedi 3 mai. Maria chausse ses mannequins avec des babouches brodés qui allègent leur pas. Dahab Benaboud remet le caftan en velours de soie à l’ordre du jour, avec sfifa et ceintures coordonnées. Une caresse, un effleurement du corps en violet, vert bouteille, ou bleu marin. Et la symphonie des couleurs commence. Du caftan jaune, orange, au noir, bleu ciel ou délicieusement crémeux. Arrive Mohamed Lakhdar et parsème la scène de caftans avec des coupes et accessoires futuristes. Les mannequins deviennent ainsi des cavalières rappelant la Diane, déesse grecque de la chasse. Le caftan séduit, honore et s’inscrit une fois encore dans l’univers de la créativité. Lors de ce défilé, une lettre s’est écrite à une femme, à toutes les femmes, avec l’aiguille, le fil doré ou argenté, le fil de soie, la soie aux couleurs de chenille, de Rafael Dorian. Amina Boussayri, elle, a offert un bonheur de bouquet où les caftans devenaient des roses cueillies et embaumées par le travail minutieux des maalems. Retour encore une fois à des matières qui ont fait le bonheur des femmes et séduits les Adans, qui savent que la beauté ne réside pas au niveau de tout ce qui brille, mais au niveau ce qui effleure l’esprit. L’aventure de la création s’est poursuivie avec Zineb Lyoubi Idrissi, dont les caftans, de part leurs couleurs et la légèreté de leurs coupes,  se sont inscrits dans un esprit de fête printanière. Un passage très applaudi par les spectateurs. Le couple Réda Boukhalef et Meriem  Benamour se sont partagés une création pleine de jeunesse et de vie. Ambiance gris et argent avec un dialogue entre caftan et corsage. Surprise de la soirée, amplement applaudie, une chorégraphie signée Loulou de la Falaise.  
Avec ce défilé, on aura vécu le printemps dans toute sa splendeur, et écouter les quatre saisons de caftan sur des airs de Vivaldi.

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