Casablanca, le pari culturel

Les préparatifs pour l’organisation du premier festival de Casablanca vont bon train. À cet égard, jeudi dernier, une réunion s’est tenue à la Wilaya du grand Casablanca. Étaient présents à cette réunion Le Wali du Grand Casablanca, Driss Benhima, le directeur artistique du festival de Casablanca, Rachid Andaloussi, le conseiller culturel à la Wilaya, Abderrahim Jabrani, et les directeurs des complexes culturels des communes de Casablanca. Trois directeurs des complexes culturels ne sont pas venus. Ce qui a provoqué la colère du Wali, l’objectif de cette réunion étant de faire participer les communes au rayonnement du festival. Driss Benhima estime en effet qu’il est anormal que les communes de Casablanca ne soient pas inclues dans un festival qui aura lieu dans leur ville. Le Wali a insisté sur le fait que la participation des communes à cet événement est «volontaire et non pas autoritaire». Il a ensuite énoncé le thème du festival : «Casablanca : une modernité marocaine». Il a à cet effet développé sa conception de la modernité casablancaise. Elle est synonyme pour lui de rupture, puisqu’elle ne s’est pas introduite progressivement au Maroc, mais d’une façon abrupte.
Le Wali de Casablanca est un fervent défenseur de la modernité, et dans son apologie de la modernité, il s’en est pris aux édifices avec des tuiles vertes et aux arcades et ogives qui sont étrangères à l’identité architecturale de Casablanca. L’identité de la ville est manifestement la préoccupation du Wali qui considère qu’il «n’existe pas de créativité sans identité forte».
C’est pour cela que le festival doit consolider l’identité de la ville indéfectiblement liée à la modernité. Par ailleurs, Les complexes culturels des communes ont aussi leur rôle à jouer en diffusant des spectacles participant du thème du festival dans les quatre coins de la ville. Il n’y aura pas en ce sens «des spectacles pour le spectacle», mais une programmation qui répond au thème du festival, et qui doit contribuer à consolider l’identité culturelle de Casablanca. Les directeurs des complexes culturels se sont plaints de leur manque de moyens financiers. La région suppléera à cela en finançant les projets qui s’inscrivent dans la politique du festival.
Au reste, le discours de Benhima avait trait à l’importance de la région comme pôle actif et dominant au Maroc. Il faut comprendre que c’est de la région de Casablanca qu’il s’agit, de son étendard, et non pas de l’ensemble du pays. Les régions ont un rôle à jouer, et à l’ère de la décentralisation, il est certain que des foyers puissants se manifesteront de plus en plus.
Cela dit, la faisabilité de ce festival est encore incertaine. Driss Benhima a émis des doutes sur l’avènement de ce festival. C’est un «pari administratif», dans la mesure où l’Etat marocain n’a pas l’habitude d’acheter des produits culturels. Un appel d’offre a donc été lancé aux sociétés qui s’occupent de l’événementiel. Rachid Andaloussi, directeur artistique du festival, ajoute que ce festival constituera un manifeste de transparence dans la gestion des fonds publics. Un cahier des charges a été établi à cet effet, et toute l’organisation sera assurée par un seul interlocuteur. «Lot unique et clef en main», telle est la devise de cette façon de faire.
Le festival de Casablanca aura – ou n’aura pas – lieu du 5 au 14 juillet. Les universités, les complexes culturels, les centres culturels étrangers, les fondations bancaires et les entreprises privées se sont déjà mobilisés pour que la première édition du festival de Casablanca ait lieu. De grandes stars du monde du show-biz y ont été invitées. Il suffit de citer les noms de Joe Cooker, de Eric Clapton et de BB King pour se rendre compte de l’ambition des organisateurs.

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