Casablanca : plus de 40 projets en souffrance

Casablanca : plus de 40 projets en souffrance

Plusieurs projets de construction, érigés dans les 16 arrondissements de la ville de Casablanca, attendent depuis plusieurs années de voir le jour. En matière d’infrastructures sociales et culturelles, la règle veut que les chantiers lancés ne soient achevés qu’avec trop de retard.
«Le nombre des projets de construction dont les travaux sont inachevés s’élève à plus de 40.
Le rythme de réalisation de ces projets, essentiellement à vocation socio-culturelle, est très lent. Leur lancement  remonte au temps où les actuels arrondissements s’appelaient communes et où la Commune de Casablanca répondait au nom de Communauté urbaine de Casablanca», affirme Kamal Dissaoui, élu USFP membre du conseil de la ville de Casablanca. Et d’ajouter : «Le financement est disponible.
Les travaux ont été entamés, toutefois, ils ne sont pas arrivés à leur terme. Ces projets permettent de développer la métropole et d’offrir aux jeunes des espaces d’épanouissement personnel. Si nous continuons sur cette voie, nous allons vers la catastrophe. Nous sommes en train de créer ici les mêmes conditions qui ont fait que les banlieues parisiennes soient devenues des foyers de révolte permanente».
Situé sur le boulevard Abdallah Senhaji, l’un de ces projets à l’arrêt, le complexe culturel Idrissia, devait être livré en 1995. Il n’est toujours pas  achevé. Les travaux de construction de ce complexe qui doit abriter un théâtre et une maison de jeunes avaient pourtant été lancés en 1992. L’architecte du projet, Abdelouahed Mountassir impute cela au manque de suivi de la part de la Commune. «Le problème n’est pas une question de ressources financières car elles existent. Ce projet bénéficie d’un crédit du Fonds d’équipement communal (FEC).
Ce dernier lui a octroyé un crédit d’un montant de 32 667 000 DH», précise-t-il. Selon lui, le problème est purement administratif». «Les services de la commune, chargés du suivi du projet, n’assument pas leurs responsabilités. Il faut noter que le FEC ne débloque pas l’argent en une seule fois, mais au gré des étapes. Pour cela, les services communaux doivent lui fournir des  rapports sur l’état d’avancement des travaux. Chose qui n’a pas été faite ces dernières années». Il n’en demeure pas moins que 60 % des travaux ont été réalisés. Les lots afférents à la menuiserie (aluminium, bois, métallique), aux faux plafonds, à la peinture, à la sonorisation, à l’éclairage scénique et à l’équipement de la scène ne sont pas encore exécutés.
A cause de ce retard, le budget octroyé n’est plus à même de permettre l’achèvement des travaux de ce complexe. «Le prix de plusieurs matériaux a enregistré une hausse ces dernières années. En 2005, nous avons effectué une nouvelle estimation du budget. Le montant total de celle-ci devait s’élever à 44 582 593 DH, soit une augmentation de l’ordre de 11 915 593 DH par rapport aux prévisions initiales. C’est la Wilaya de Casablanca qui va payer cette différence», ajoute M. Mountassir, qui a tenu à préciser que pareille situation constitue une source de frustration pour lui.
Lancés il y a 14 ans, d’autres projets attendent d’entrer en activité. Citons entre autres le complexe culturel des Roches Noires.
Situé sur le quartier de la gare, ce complexe, d’une superficie de 7000m2, devra comprendre un théâtre d’une capacité de 600 places et une grande bibliothèque. La réalisation de ce projet a nécessité une enveloppe budgétaire de près de 64 713 000 DH. Les travaux sont exécutés à hauteur de 85 %. Selon le directeur du complexe, Abdeladim Chenaoui, «le retard est du à "un problème administratif. "Il y a certains entrepreneurs qui interrompent les travaux jusqu’à ce qu’ils reçoivent leur dû.
Les démarches administratives sont lentes à ce niveau. Et par conséquent, le projet a pris beaucoup de retard», indique-t-il après avoir précisé que «le complexe sera inauguré en septembre prochain». A ce propos, M. Chenaoui ne cache pas son enthousiasme. «Nous sommes en train de poursuivre les travaux. Ces dernières semaines, le chantier avance à un rythme accéléré. Dans ce complexe culturel, il y aura une bibliothèque, un théâtre, deux salles de lecture, des dépôts de livres et une salle de répétition», ajoute-t-il.
Autre complexe culturel inachevé, celui situé sur la route d’El Jadida (Hay Hassani), a une superficie de 3000 m2. Ses travaux sont réalisés à hauteur de 45 % seulement.
Quatrième projet inachevé, la maison de jeunes de Hay Moulay Rachid a nécessité un financement qui  s’élève à près de 2 000 000 DH.
Si le rythme d’exécution de ces projets a été décrié à maintes reprises par les conseillers de la ville, personne ne semble pressé de les voir fonctionner.
Pour le président de la Coalition marocaine de la culture et des arts, Hassan Nafali, «cette situation ne date pas d’aujourd’hui. Il s’agit d’un problème de mauvaise gestion de la ville. A titre d’exemple, les travaux de construction du théâtre royal de Marrakech ont duré 25 ans. C’est très long. Ceci est dû à l’absence d’une véritable volonté politique dans le domaine artistique. La culture est le dernier souci des responsables ».

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