Ce Bac qui continue d’angoisser les jeunes

Les 3, 4 et 5 juin, 673 300 candidats se présenteront aux examens du baccalauréat pour la session 2008. Le nombre de candidats représente cette année 44,8%. Il est à peine 7h du matin, les jardins publics sont déjà remplis. Chacun a son petit coin et son refuge à lui. Les habitués le savent et respectent le choix du camarade. Il n’y a qu’à faire un tour du côté de ces parcs, au bord des plages, bref, dans les bras de dame nature, pour voir défiler de jeunes silhouettes,  faisant les cents pas, des allers-retours, des va-et-vient.
Les premiers arrivés, les matinaux, sont les mieux servis : place stratégique, lieu où il y a plus d’ombre et plus de chance pour y passer toute la journée. «Nos ancêtres disaient que les plus chanceux sont souvent ceux qui se réveillent tôt», affirme Malika, 19 ans.
Les plus assidus, mais aussi les plus angoissés par l’approche des examens, ont un rythme de pas saccadés. A les voir de loin, on dirait des automates qui se parlent à eux-mêmes. Et rien en dehors de ce qui se passe dans leurs têtes, ne paraît avoir de l’importance. «Plus j’arrive à emmagasiner des cours, plus j’augmente mes chances de décrocher mon Bac», déclare, avec frénésie, Ahmed 17 ans, lycéen. Les préparations des examens du Bac, se font de différentes manières et suivent de multiples procédures. L’on a ceux qui choisissent ou ne peuvent réviser qu’au sein d’un groupe et d’autres qui, eux,  préfèrent ramer et  voguer en solitaire. Pour la première catégorie, certains candidats au Bac ont expliqué les raisons qui les poussent à vouloir réviser en groupe : «On est moins angoissés en révisant ensemble. Il y a une certaine complémentarité entre nous. Lorsque vous avez des lacunes, les autres peuvent vous guider ou vous corriger. Je crois avoir raté mon Bac l’année dernière, parce que justement, je révisais toute seule à la maison, mes parents étant tous les deux analphabètes, je me trouvais dans l’impossibilité de savoir si j’étais sur la bonne voie quant à ma manière de réviser mes cours», déclare Hanane, 18 ans, qui reprend son bac pour la seconde fois. Pour Saïd, 20 ans, le problème se pose autrement: «Je n’arrive pas à apprendre mes cours, par cœur. Il faut absolument que je le fasse avec d’autres personnes. Le fait de discuter entre nous et de rigoler de temps en temps, nous permet de décompresser et de fuir, ne serait-ce que pour un moment, la phobie de l’examen ».
Dix heures du matin, il commence à pleuvoir, on se précipite pour se cacher sous les arbres. L’on s’achemine vers une élève, que l’on perçoit de loin chuchotant des mots. Elle est en train de se réciter son cours de géographie. «J’aurais pu apprendre tout cela par cœur, si j’avais la possibilité de le faire à tête reposée ou s’il n’ y avait pas le stress de l’examen que j’arrive à gérer difficilement. Qui c’est qui a eu cette idée géniale de créer les examens ?», confie, en riant, Sanaâ, 18 ans, lycéenne. Les astuces pour garder la forme et pouvoir veiller très tard la nuit pour poursuivre la besogne des préparations, il y en a des tas. «A l’approche des examens, chaque année, ma mère va voir son médecin qui me prescrit un tas de médicaments, des  stimulants ou des fortifiants, ces ampoules magiques qui vous donne le punch», déclare Samir, 20 ans, car il refait son Bac pour la troisième fois. «Si je rate encore cette année, j’abandonne». Les plus classique préfèrent se fier aux méthodes traditionnelles et boissons énergétiques naturelles, café, jus d’orange… «Je n’ai jamais bu le café. Son odeur me donne des nausées. Mais depuis que j’ai commencé mes préparations, je me suis trouvée en train de rafler des verres et des verres de café, pour pouvoir veiller la nuit, car il ne nous reste que quelques jours pour passer aux choses sérieuses», confirme Alia, 17 ans.
Passe ton Bac d’abord et on verra ! Certains parents ne veulent rien envisager avant de voir leurs enfants décrocher leur Bac. «C’est une attitude qui m’angoisse encore plus. Car je ne cesse  de penser à l’échec. Et si je ne réussirai pas mon Bac? L’année dernière, il y a eu un échec terrible», explique Adam, lycéen de 17ans. Pour vaincre son trac, Ayda a choisi d’entamer ses préparations depuis le début de l’année. « Le Bac se prépare dès le début de l’année par un travail régulier. Une semaine de révision ou même un mois, sont pratiquement insuffisants. Il vaut mieux être à cheval sur toutes les matières». Amina, une craque de la «révision moderne», comme la surnomme ses amis, confie sa recette : «Depuis trois années, j’ai commencé par enregistrer mes cours, oui je dis bien tous mes cours sur des CD que je fais graver pour tous mes amis. Il suffit d’avoir un petit baladeur pour pouvoir écouter et emmagasiner ses cours».
Pour ces jeunes, tout leur avenir semble se décider à partir du moment où ils réussiront éventuellement  à franchir le seuil
du bac. Bon courage les candidats !

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