Ce qui se cache derrière une ordonnance médicale

Ce qui se cache derrière une ordonnance médicale

Sous l’égide du ministère de la Santé, la Société marocaine des sciences médicales a organisé le samedi 1er juillet à la Faculté de médecine et de pharmacie une « Journée de réflexion et de concertation sur le référentiel de prise en charge des maladies ».
Auparavant un colloque a eu lieu le 26 avril dernier à Rabat, organisé par le ministère de la Santé sur «L’approche méthodologique d’élaboration des protocoles thérapeutiques » qui devait aboutir, selon le ministre de la Santé, à un accord de principe sur les protocoles à même de garantir au patient la liberté de choix du médecin, du médicament et du traitement.
Ces deux réunions tracent le cadre général de la mise en place des outils de régulation de la couverture médicale de base.
Ces rencontres qui ont vu la participation d’acteurs étrangers (Haute autorité sanitaire pour Rabat, Dr  Nawar du Quebec pour Casablanca) ont permis de prendre conscience du rôle essentiel d’un acteur incontournable dans l’analyse, le choix et la décision de toute option thérapeutique qu’est le professionnel de la santé en faveur de celui qui est la raison d’être de tous ces organismes (ministère de tutelle, gestionnaires des soins et prestataires des soins), le patient.
Voila une injustice qui est réparée par autant que l’on arrête de se créer des obstacles pour avancer.
Le bilan est fait, le diagnostic est connu, la volonté y est mais l’immobilisme peut coûter très cher. Tout comme la médecine qui coûte et le médecin ne peut pas en payer les frais. Cet «Ordonnateur» de dépense qui a attendu… qui a appelé de tous ses vœux une assurance maladie qui doit âtre équilibrée pour qu’elle soit pérenne.
Cet équilibre est recherché entre autres dans des protocoles thérapeutiques qui doivent être en harmonie avec la péréquation coût /efficacité.
Comment peuvent être élaborés des protocoles thérapeutiques ? Une bonne méthodologie de travail consiste en 4 étapes successives : cibler la maladie et traitement, après quoi on fait une analyse des différentes possibilités thérapeutiques, on valide après avoir opéré un choix parmi les différentes possibilités thérapeutiques, bien  entendu ce choix doit être motivé, après quoi on actualise un protocole pour la durée de vie de 4 ans au cours de laquelle tout élément nouveau intercurrent. Si le produit venait à causer des effets scientifiquement, établi et auparavant inconnus.
La communication de ces données et leur diffusion à l’ensemble des praticiens pour avoir leur adhésion et une étape ultime qui garantit le respect de ces protocoles sans toutefois en attendre beaucoup car les grands essais qui constituent des guides lines ne sont pas suivis par presque la moitié des praticiens au Canada, semblait dire le Dr Nawar.
Par ailleurs, la multiplicité et la grande variété des guides lines découragent le médecin à adopter des recommandations quoique dans des cas particuliers, celui-ci  garde sa liberté de prescription à condition de pouvoir l’argumenter en faisant référence à des travaux scientifiques prouvés et publiés dans des revues internationales reconnues.
Qui peut élaborer ces protocoles ? Ce sont les professionnels de santé.
Au Maroc et par opposition à l’expérience française à plusieurs intervenants à savoir l’Agence française de sécurité sanitaire pour les produits de santé (Afssaps), Haute autorité de santé (HAS), Institut national pour le cancer (INCA).
Nous disposons d’un organe qui peut être l’interlocuteur de choix pour toute élaboration d’un référentiel ou protocole thérapeutique, la Société marocaine des sciences Médicales. Car la démarche saine et rigoureuse qu’adopte celle-ci en ce sens qu’elle fait appel au sein de son Conseil d’administration, constitué des présidents de toutes les sociétés savantes dans les différentes spécialités médicales sans aucune distinction, fait de cet organisme un interlocuteur  de choix et le seul pour l’Agence nationale de la maladie (ANAM), organe de régulation de l’assurance maladie et arbitre de la bonne marche du projet. Mais en aucune façon concepteur de tel ou tel protocole thérapeutique car il peut être et est sensible au coût et de ce fait ne peut ni promouvoir ni aider à l’élaboration d’un référentiel de traitement. L’élaboration de ceux-ci doit être l’œuvre des sociétés savantes. Le porte-parole et l’interlocuteur auprès de l’ANAM et le ministère de la Santé ne peut être que la SMSM.
Celle-ci organise des séminaires de consensus et met en place des références médicales opposables. Ceci peut se réaliser grâce à une synergie  d’action.
Bien entendu la phase de communication citée plus haut s’adresse à tous les intervenants en particulier celui qui constitue la toile de fond de la pratique médicale : le médecin de famille, ou médecin généraliste qui par l’acte de son ordonnance va déclencher une avalanche de décisions de bilans  de diagnostics et d’orientations  thérapeutiques donc de choix des protocoles et des référentiels  thérapeutiques.

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