Ce vent musical qui souffle sur Essaouira

Essaouira n’est pas seulement la ville du Festival des gnaouas, elle est aussi connue par une manifestation qui attire moins de monde, mais n’en espère pas moins constituer un événement artistique important dans cette ville. Il s’agit du «Printemps musical des alizés», un événement artistique dédié à la musique de chambre, avec une forte présence du chant lors de cette troisième édition. «Ce festival a atteint sa maturité. Il prend une allure qui le fait reconnaître aisément.
La convivialité en reste la marque distinctive», nous dit Mohammed Ennaji, directeur de la manifestation. Convivialité, mais également qualité des spectacles. Durant trois jours, les mélomanes pourront apprécier des oeuvres composées par des auteurs comme Jean Sébastien Bach, Robert Schumann, Johannes Brahms, Maurice Ravel, Claude Debussy, Isaac Albéniz et Manuel de Falla. Une soirée entière sera consacrée à la musique de J.S. Bach avec des compositions célèbres comme la suite numéro 1 pour violoncelle et les suites pour luth.
Cette édition se distingue aussi par le fait que les compositions d’un auteur marocain y seront interprétées. Il s’agit du compositeur Ahmed Essayad dont une partition pour violon sera jouée par Elisabeth Balmas. Le chant est également très bien représenté. Françoise Atlan, une habituée des concerts au Maroc, va non seulement interpréter des chants sépharades, mais également des poèmes populaires espagnols. Ceux qui l’ont déjà vu chanter savent que la voix de cette soprano, à la fois chaude et pure, introduit à chaque fois une tonalité enchanteresse dans l’atmosphère. Elle n’est pas la seule voix féminine de la manifestation, puisque l’actrice Marie-Christine Barrault va se produire avec le quatuor Ludwig pour interpréter des chants composés par Hector Berlioz. Au total, trois soirées de musique et chant classiques qui auront lieu dans deux espaces seulement : Dar Souiri et l’église d’Essaouira. Tous les concerts sont gratuits.
Au reste, on a reproché, l’année dernière, à ce Festival de n’avoir pas cherché à attirer le public de la ville. Il est vrai que les concerts de musique classique n’intéressent pas un large public. C’est pour cela qu’il a été assigné aux stagiaires de l’Académie alizés, qui précède de quelques jours le Festival et qui regroupe de jeunes instrumentistes professionnels aussi bien étrangers que Marocains, d’inviter le public à ne pas faire la sourde oreille à la manifestation. Ces instrumentistes se produiront tous les jours, en plein air, à la Scala. L’énergie et la passion de ces jeunes réussiront-elles à convaincre les nombreuses personnes, intimidées par la musique classique, à dépasser le cap de leur timidité en franchissant les lieux des concerts ?

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