Cérémonie à Kénitra : Attijariwafa bank célèbre l’œuvre d’Avicenne

Cérémonie à Kénitra : Attijariwafa bank célèbre l’œuvre d’Avicenne

Les intervenants ont insisté sur la nécessité de réhabiliter cette œuvre multidimensionnelle et visionnaire, de la comprendre, et surtout de se la réapproprier. Tous ont démontré l’extrême modernité des préoccupations et des solutions prônées par le philosophe au 11e siècle et qui concernent encore les sociétés arabes modernes.

«À une période où l’humanité est en manque de repères, redécouvrir la philosophie et l’héritage légué par Avicenne ne peut être que salutaire. L’œuvre d’Avicenne nous incite à réfléchir aux conditions nécessaires pour la construction d’une société juste et éclairée, d’une société où l’humain est placé au cœur de toutes les préoccupations, et où les valeurs morales s’imposent à tous, pour garantir un vivre-ensemble serein et apaisé». Ce sont là les propos de Mohamed El Kettani, président-directeur général du Groupe Attijariwafa bank, lors de l’ouverture d’une conférence-débat tenue récemment sous le thème «Avicenne, Islam et Modernité», au siège de la présidence de l’Université Ibn Tofaïl de Kénitra.

Cette rencontre inscrite dans le cadre de son cycle de conférences «Échanger pour mieux comprendre» a pu réunir plusieurs personnalités du monde universitaire et économique, et de nombreux étudiants et jeunes chercheurs. L’objectif étant de renouer avec l’œuvre prolifique d’Avicenne, d’expliquer sa modernité et de réhabiliter ainsi l’héritage légué par ce philosophe et médecin du 11e siècle dont la pensée est d’une grande actualité. «Le choix de ce thème s’est imposé à nous au moment où nous ressentons le besoin de revisiter notre histoire et de renouer à ce qui constitue le socle de la pensée arabe», explique M. El Kettani. Pour sa part, Azzedine El Midaoui, président de l’Université d’Ibn Tofaïl, a insisté sur la nécessité de réhabiliter l’œuvre d’Avicenne et sur le rôle de l’université dans la formation des futures générations. Il a indiqué à cette occasion que «nous avons accueilli à bras ouverts cette initiative fort louable de la Fondation Attijariwafa bank.

Au sein de notre institution universitaire, s’ouvrir est non seulement une nécessité, mais également une richesse. Notre priorité est nos étudiants. Nous nous devons de les former dans un monde en mutation constante». Dans ce sens, le panel de discussion a rassemblé quatre professeurs universitaires ayant travaillé sur l’œuvre d’Avicenne. Ceux-ci ont rappelé la richesse du parcours d’Avicenne et les événements marquants de sa vie qui l’ont conduit à devenir l’un des plus grands noms de la philosophie universelle. Ils ont également rappelé l’importance de son apport à différentes disciplines qui ont constitué le socle de la pensée arabe, influencé la pensée occidentale et conduit à des innovations majeures, notamment scientifiques et environnementales. Mohamed Naïm, professeur de philosophie à l’Université Chouaib Doukkali d’El Jadida, a choisi de parler d’Ibn Sina le médecin. «Cette grande figure avait une capacité exceptionnelle de distinguer ses convictions religieuses et les règles scientifiques universelles relatives à la médecine». Et d’ajouter que «Avicenne qui maîtrisait le Coran dès l’âge de 10 ans a défendu une médecine laïque dépourvue de toute connotation religieuse.

Son livre «Kitab Achifa» a été traduit dans plusieurs langues européennes et est toujours considéré comme une référence au sein des grandes universités». Sanae Ghouati, professeure à l’Université Ibn Tofaïl, a indiqué pour sa part qu’ «en travaillant sur le Siècle des Lumières je me suis demandé pourquoi Avicenne et toutes les grandes figures de la philosophie arabe ont été éclipsés du paysage culturel arabe». Et de poursuivre : «Aujourd’hui, nous devons déployer un immense travail pour leur redonner la place qu’ils méritent. Pour ce faire, nous avons un travail de relecture à faire pour en extraire toutes les subtilités. Cela suppose que nous nous distancions de celui accompli jusque-là par les chercheurs occidentaux». Ahmed Alami, chercheur et professeur de philosophie à l’Université de Kénitra, a rappelé quant à lui que l’héritage d’Avicenne a été attaqué à la fois par plusieurs philosophes et théologiens parce qu’il était ingénieux et avant-gardiste.

«Les sciences religieuses constituaient la base de sa formation, mais la religion n’était pas un obstacle pour lui dans l’accomplissement de son œuvre. Avicenne était l’un des rares à ne pas être disciple d’Aristote, car il avait un réel esprit philosophique et donc une capacité de construire sa propre pensée, une pensée résolument tournée vers l’avenir». En ce qui concerne Hassan Sahli, professeur de philosophie à l’Université Chouaib Doukkali d’El Jadida, a souligné pour sa part que «aujourd’hui, nous avons besoin d’une figure de génie comme Avicenne qui a su créer le pont entre ses convictions religieuses et les vérités scientifiques.

Actuellement, les débats sociétaux ont lieu à travers deux prismes antagonistes: soit l’on refuse la religion, soit l’on ne réfléchit qu’à travers la religion. Nous devrions faire sortir Avicenne de son tombeau pour qu’il nous apprenne à débattre sans tomber dans l’extrémisme». Enfin, les intervenants ont insisté sur la nécessité de réhabiliter cette œuvre multidimensionnelle et visionnaire, de la comprendre, et surtout de se la réapproprier. Tous ont démontré l’extrême modernité des préoccupations et des solutions prônées par le philosophe au 11e siècle et qui concernent encore les sociétés arabes modernes. À travers cette conférence-débat, la Fondation Attijariwafa bank démontre, une fois de plus, sa volonté d’aller à la rencontre de la jeunesse pour promouvoir au sein des différentes universités un débat constructif sur des problématiques qui concernent l’avenir de notre pays.

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