Ces enfants passionnés de musique

Ces enfants passionnés de musique

La majorité des inscrits aux conservatoires de musique est constituée des enfants ou adolescents. Ayant découvert tôt leur amour pour l’art musical, ces derniers ont choisi de suivre des cours de musique pour développer leur passion musicale. Ils se disent tous réussir à concilier entre leur formation musicale et leurs études scolaires. «Je me sens plus calme, depuis que j’ai intégré le conservatoire de Tanger. Je deviens, grâce à mon inscription aux cours de luth (oud), de plus en plus passionné de musique arabe et orientale. J’aime pratiquer cet instrument de musique durant mon temps libre. Ce qui m’insuffle davantage de dynamisme et m’aide à bien travailler en classe», confie Najib, âgé de 12 ans et en classe de 6ème. Agés de sept ans et plus, la plupart de ces enfants passionnés de musique sont encouragés par leurs parents, eux-mêmes des mélomanes, de suivre des cours de formation musicale. Selon les responsables du conservatoire de Tanger, ces cours de musique demandent une concentration de la part de l’enfant et une dextérité quant à l’utilisation de l’instrument de musique tels que le piano, la guitare, le luth… «Nous considérons la musique comme une discipline scientifique qui exige que l’enfant sache lire et avoir une connaissance même rudimentaire du calcul. Cette discipline contribue à l’éducation et la formation de la personnalité de l’élève. En apprenant à jouer un instrument et ajuster les rythmes de la musique, l’enfant voit ses capacités d’apprentissage à l’école se développer», explique Jamal Eddine Benallal, directeur du conservatoire national de musique de Tanger. Selon Kacem Zhiri, professeur de piano au conservatoire de Tanger, il y a des méthodes spécifiques employées en Europe pour initier même les enfants en bas âge de trois à quatre ans aux techniques de base de la musique. «Surtout que des célèbres concours internationaux de musique sont ouverts aux enfants virtuoses d’à peine cinq ans», dit-il.
A l’instar des autres établissements scolaires, les conservatoires de musique dispensent à leurs étudiants, tout âge confondu, un programme de formation musicale qui exige une présence régulière depuis le début de l’année. «Le conservatoire de Tanger enregistre, chaque début d’année, un grand nombre d’inscriptions. Mais le nombre d’inscrits diminue progressivement au fil du temps. Il faut signaler que les élèves ont plus de chance de terminer leur formation musicale. Et ce contrairement aux personnes adulte, qui trouvent des difficultés à concilier entre leurs obligations professionnelles et familiales et leurs études musicales au conservatoire», précise Said El Emlani, professeur de guitare au conservatoire national à Tanger, faisant remarquer que «l’enfant- qui se distingue en plus par ses capacités d’apprentissage- dispose assez de temps aussi bien pour réviser ses cours de musique que d’y assister». Par ailleurs, la majorité de ces enfants passionnés de musique  se disent non destinés à une carrière artistique. Comme c’est le cas de Zakaria et ses deux sœurs Chaïmae et Oumaïma qui sont déterminés à décrocher leur diplôme d’études musicales. Ils ont tous les trois hérité leur passion du piano de leur père M. Zhiri- enseignant depuis 1988 au conservatoire de Tanger-, mais ils n’ont pas l’intention de faire une carrière artistique. «Quand j’étais petit, j’aimais voir mon père jouer du piano à la maison. J’ai commencé à le pratiquer dès l’âge de six ans, avant même de m’inscrire au conservatoire. J’ai décidé, il y a quatre ans, de suivre des cours de guitare», raconte Zakaria, âgé de près de 19 ans et en classe de terminale. Malgré l’amour du piano qu’il a fait transmettre à ses trois enfants, M. Zhiri conseille ses enfants de continuer leurs études scolaires et universitaires pour pouvoir avoir une situation stable à l’avenir. «J’enseigne depuis vingt-deux ans au conservatoire, mais sans pouvoir être titularisé», confie avec amertume M. Zhiri. Ce professeur de musique ne cache pas sa fierté lorsqu’il commence à parler de quelques photos qui ornent les murs de sa classe et le montrant en train de diriger un orchestre composé de ses anciens élèves ou de recevoir un prix lors des événements artistiques. Malgré le manque de quelques instruments de musique et des moyens financiers, le conservatoire de Tanger continue d’attirer beaucoup de passionnés de tout âge confondu et de différentes catégories sociales. Il a été fréquenté dans le passé par des enfants qui sont devenus maintenant des artistes et musiciens tels que Ahmed Laaroussi, Omar Metioui, Abdeslam Khaloufi et Anouar Hamdan. «D’ailleurs, le conservatoire de Tanger dispose actuellement d’un orchestre d’élèves âgés entre 13 et 18 ans. Dirigé par Naïma Jamjam, enseignante de musique andalouse, cet orchestre participe à des événements organisés dans la région», précise Boutaïna El Gharbi, responsable de l’animation culturelle et artistique au conservatoire de Tanger.

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