Ces femmes battantes qui donnent espoir aux zones défavorisées

Ces femmes battantes qui donnent espoir aux zones défavorisées

Côte à côte mais surtout compact tel un rock avec ses forces prodigieuses qu’un groupe de femmes rurales a défié tous les handicaps imaginables à leurs soumissions pour dresser leurs fiertés de femmes battantes en face du monde. Meryem, Fatna, Batoule, Rkiya, Aziza, et j’en passe, sont des femmes qu’on trouve dans toutes les campagnes marocaines et qui ambitionnent de se prendre en charge. Des femmes qu’on rencontrait pourtant, depuis belle lurette, dans les champs lors des cueillettes ou des semences. Mais depuis que plusieurs bonnes volontés ont accordé leurs cordes sur des fibres sociales afin d’assurer l’intégration effective des femmes dans le monde productif notamment dans les campagnes, les success stories foisonnent et les petits brins de femme recèlent désormais force, volonté et savoir-faire. Au lieu de s’arc bouter en déplorant leurs conditions de femmes rurales, des milliers de femmes, notamment en régions défavorisées, font l’actualité par leur labeur et leur volonté d’assumer pleinement des activités économiques génératrices de revenus. De zéro dirham de revenu par jour, plusieurs d’entre elles dépassent les 2000 DH par mois tout en restant chez elles. En arrivant à sortir de leur demeure naturelle et en optant pour l’élevage cunicole, avicole et caprin, ces femmes ambitionnent de développer leurs niveaux de vie, et celui de leurs familles, à travers des petits projets à caractère économique. Souvent ces projets sont initiés par des associations féminines ou chapeautés par l’INDH. Ces dernières se chargent de l’achat et de l’acquisition de races reconnues pour la qualité et la quantité de leur productivité. C’est le cas pour l’élevage des abeilles, chèvres et lapins. Au niveau de l’Oriental, l’expérience des chèvres laitières à Tafoughalt commence à donner satisfaction. «Avec quatre chèvres on vend plus de 13 litres de lait par jour et on espère multiplier le nombre de nos chèvres d’ici peu. Ce n’est pas facile vu le prix exorbitant des caprines alpines qui donnent plus de lait mais qui dépassent les 3000 DH la tête. On attend la saison des reproductions pour réaliser notre vœu», expliquent fièrement deux montagnardes qui font paître sous le soleil leurs troupeaux. Et d’ajouter : «notre lait ne pose aucun problème de commercialisation du moment qu’il est acheté par une jeune coopérative qui produit du fromage». La présence sur place d’une unité de fabrication de fromage vient à point nommé pour accompagner ces femmes dans leur quête de revenus stables. L’objectif assigné par les initiateurs du projet est d’apporter l’appui nécessaire aux coopératives et associations qui opèrent dans ce domaine, par la maîtrise des facteurs de production et de transformation du lait de chèvre. Avec l’élevage des chèvres laitières qui se généralise dans l’Oriental, l’élevage cunicole est en plein essor au niveau du village de Guenfouda. La belle aventure des femmes de cette localité avec les lapins a commencé en 2003 avec la constitution d’une association regroupant onze paysannes. «Au début on élevait nos lapins de manière traditionnelle, puis on a fabriqué des cages avec du roseau pour améliorer la production et protéger nos lapins. Cela nous a permis de bénéficier d’un don de 250.000 DH en 2008. Une bouée financière qui nous a permis de passer à une phase plus performante. Au fait, nous avons reçu une quarantaine de cages grillagées pour lapins grâce à une louable action du département de l’Agriculture et de l’INDH. Chaque cage peut contenir jusqu’à quatre lapins», rapporte Aziza Smaili, secrétaire de l’association Al Amal pour le soutien de la femme rurale. Une association qui regroupe 25 femmes toutes impliquées dans la cuniculiculture. Chacune d’elles a bénéficié de deux ou trois cages grâce à l’INDH. «Une fois les lapereaux, de race californienne ou néoz-élandaise, bien engraissés et de grande taille, ils sont vendus à 200 DH l’unité pour ceux qui dépassent les quatre kilogrammes. Quant aux lapins de race locale, ils sont vendus entre 70 et 100 DH. En moyenne un lapin consomme 20 DH d’alimentation par mois alors qu’une lapine peut donner jusqu’à quatre-vingt lapereaux par an au grand plaisir des éleveuses», explique Fatna Ghezraoui, présidente de la seule coopérative féminine de Guenfouda. Une coopérative qui regroupe une soixantaine de femmes toutes actives dans des travaux générateurs de revenus. De son côté, Meryem Mehraoui, une jeune fille de 21 ans et après avoir raté son mariage, a retrouvé sa chance pour s’épanouir dans cette coopérative qui regroupe des femmes qui savent tout faire : élevage de lapins, de caprins, couture, coiffure, vente de pain, de pattes, du couscous «beldi» avec saveurs locales, en plus des gâteaux qu’on confectionne sur commande. «Notre prochaine étape est de donner des ailes à notre coopérative en concentrant les projets dans des lieux qui facilitent la reproduction, le suivi médical, la commercialisation. Cela nous permettra aussi de passer à l’étape de vente régulière aux grands espaces commerciaux et en gros», note Fatna Ghezraoui. De vraies femmes battantes qui ne comptent pas s’arrêter là car en perspective elles projettent la construction d’une boulangerie au niveau de leur village. L’unique boulangerie qu’on trouve entre Oujda et Jerrada. Des femmes qui ne seraient jamais arrivées à ce stade si ce n’est l’implication d’associations à visées sociales et de femmes citadines solidaires qui ont basculé les apesanteurs pour défricher des horizons inexploitables.

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