Ces Marocains qui ont séduit les éditeurs allemands

Ces Marocains qui ont séduit les éditeurs allemands

En langue allemande, sont disponibles seulement quarante-cinq livres d’auteurs marocains. Seulement ou déjà ? Telle est la question qui préoccupe de nombreux observateurs, à l’heure où le plus grand rendez-vous du livre et de l’édition au monde – la foire de Francfort – mettra à l’honneur le monde arabe au mois d’octobre 2004. Inutile de dire que les Marocains, mis en allemand, seront sous les feux des projecteurs. Un parcours de la liste de ces Marocains est très instructif de l’intérêt des éditeurs allemands pour notre littérature. En tête de liste, Tahar Ben Jelloun, avec pas moins de treize titres. Pratiquement, tous les ouvrages connus de cet écrivain peuvent se lire dans la langue de Schiller.
Ses romans et récits évidemment : “Les yeux baissés“, “la prière de l’absent“, “La nuit sacrée“, “La nuit de l’erreur“, “L’enfant de sable“, “L’écrivain public“ et “Le premier amour est toujours le dernier“. La poésie de Ben Jelloun ne démérite pas non plus aux yeux des éditeurs germaniques : “Les amandiers sont morts de leurs blessures“. Et enfin les essais se taillent la part du lion dans l’intérêt que les Allemands accordent aux écrits de Ben Jelloun. Et pour preuve, “Le racisme expliqué à ma fille“ a fait l’objet de quatre éditions en Allemagne. “L’islam raconté aux enfants“ et “La plus haute des solitudes“ sont également traduits en allemand.
Driss Chraïbi vient en deuxième position, avec quatre titres : “Une enquête au pays“, “L’inspecteur Ali à Trinity College“ (2 éditions), “Les Boucs“ et “La civilisation, ma mère !“. Un roman aussi fondateur que fondamental comme “Le passé simple“ n’est pas traduit en allemand ! Toujours dans le registre des grands noms de la littérature marocaine, trois livres d’Abdellatif Laâbi peuvent être lus en allemand : “Le chemin des ordalies“, “Le soleil se meurt“ et “L’éternité du monde/ le spleen de Casablanca“. Deux romans de Mohammed Khair-Eddine sont également disponibles dans les librairies en Allemagne : “Agadir“ et le “Déterreur“. Quatre romans d’Abdelhak Serhane aussi : “Les enfants des rues étroites“, “Messaouda“, “Le deuil des chiens“ et “Le soleil des obscurs“. “Les cannibales“ de Mahi Binebine ont été jugés assez voraces pour donner de l’appétit aux lecteurs d’outre-Rhin. Quelles conclusions tirer de cette première rafale de titres d’auteurs marocains traduits en allemand ?
Ils s’expriment tous en langue française. La traduction de leurs livres a donc été effectuée du français à l’allemand. L’unique auteur marocain traduit de l’arabe est Mohamed Choukri, avec “Le pain nu“ et “As-suq ad-dakhili“. Une anthologie de contes marocains a été également traduite de l’ arabe à l’allemand par Peter Dienstbier et Mohammed Ellorhaoui. Elle porte un titre très racoleur : “le chameau sur le palmier. Contes du Maroc“. Sur l’ensemble de la liste, établie sur la base d’un inventaire initié depuis 10 ans par la revue de référence pour les études arabes en Allemagne : “Fikr wa fan“, seulement trois titres ont fait le chemin de l’arabe vers l’allemand.
D’autre part, il existe des livres traduits de l’américain à l’allemand. Il s’agit des auteurs dont le nom a été associé à Paul Bowles : Mohamed Mrabet, Driss Ben Hamed Charhadi et Larbi Layachi.
En ce qui concerne l’écriture féminine, on trouve Fadéla Sebti avec “Moi Mireille, lorsque j’étais Yasmina“ et un livre de Fatéma Oufkir. Il est curieux de constater à cet égard que les livres de Fatima Mernissi, disponibles dans plusieurs langues, ne figurent pas l’inventaire de la revue “Fikr wa fan“.

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