Challa : «Je suis un producteur méticuleux»

Challa : «Je suis un producteur méticuleux»

ALM : Votre premier film de fiction «Le prince de Ouarzazate» vient d’être sélectionné pour participer au Festival du cinéma à Ouagadougou. Quelle est votre impression ?
Fouad Challa : Mon premier court-métrage a en effet été sélectionné au Festival de Ouadaougou qui aura lieu en février prochain dans la capitale du Burkina Faso. Quelques jours avant cette annonce, mon film était en compétition officielle au Festival de Vaulx-En-Velin en France. «Le prince de Ouarzazate» n’a remporté aucun prix, mais ce n’est pas grave. Je suis très content que mon travail puisse être vu de l’autre côté de la Méditerranée et qu’il soit sélectionné dans des festivals de renommée internationale.

Ce court-métrage est le seul film de fiction que vous avez réalisé depuis le début de votre carrière. Quelle est la raison de ce retrait de la réalisation ?
Ce n’est pas un retrait. En réalité, je ne suis pas un réalisateur de souche. Le métier que je maîtrise c’est la production. J’ai été formé aux métiers de la production à l’Université d’UCLA à Los Angeles aux Etas-Unis. J’ai décroché mon diplôme en 1993, j’ai commencé à travailler dans des sociétés de productions étrangères et j’ai appris les ficelles du métier. Lorsque je suis revenu au Maroc, mon rêve était de créer ma propre agence de productions pour pouvoir mettre en application ce que j’avais appris. Mais pour obtenir l’agrément du Centre cinématographique marocain, je devais avoir produit au minimum trois courts-métrages. C’était la condition sine qua non pour avoir l’autorisation de lancer ma société.
Ainsi j’ai produit trois courts-métrages dont un du réalisateur Chrif Tribek, un autre de Mohamed Mouftakir et le mien.

Vous avez également réalisé un documentaire sur Essaouira. Pourquoi cette œuvre n’a-t-elle pas encore été commercialisée ?
Ce documentaire intitulée «The magic of Essaouira» a été mixé totalement en anglais et sous-titré en français. Cela fait quatre ans que je travaille sur ce projet. Il est finalisé, mais le seul hic c’est que je dois effectuer un petit réglage de son avant de le commercialiser. Vu que je suis méticuleux, j’ai veillé à ce que la copie finale soit réellement parfaite et puis après la lancer sur le marché. Je pourrais par la suite la proposer à nos chaînes de télévision.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à créer votre agence au Maroc et non pas aux Etats-Unis ?
Lorsque j’ai terminé mes études, je voulais faire de la prestation de services avec des agences de productions au Maroc. Mon but était de faire bénéficier mon pays des projets de productions à l’international. C’est un domaine qui rapporte beaucoup d’argent et dont le Maroc a largement besoin pour développer son industrie cinématographique. Mais malheureusement, je n’ai pas trouvé d’agences fiables. Pour cette même raison, j’ai décidé de rentrer au Maroc et de créer ma propre agence. Le rêve a fini par se transformer en réalité.

Quel est, selon vous, le profil d’un bon producteur ? 
Je ne peux pas dire quel est le profil idéal d’un bon producteur. Par ailleurs, je peux m’exprimer sur la manière avec laquelle j’aimerais améliorer mon métier. A mon avis, le producteur doit être quelqu’un de très bien organisé. Il faut avoir le sens des affaires et maîtriser également la comptabilité.

Vous semblez être passionné par la production. Que doit faire le Maroc pour développer ce secteur ?
Le piratage a tué l’industrie cinématographique dans notre pays. C’est une véritable entrave au développement du septième art. Nos films n’ont pas une véritable valeur à l’extérieur. Pour changer la donne, je pense qu’il est temps de commencer à faire un genre de cinéma plus universel. Nos cinéastes doivent manipuler les autres cultures et les intégrer dans leur façon de faire du cinéma. C’est la seule manière pour diffuser notre cinéma à l’extérieur du pays.

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