Charlie Haden, Gonzalo Rubalcaba Land of the sun

Charlie Haden, Gonzalo Rubalcaba Land of the sun

Pour sa vingt-cinquième référence au catalogue Universal Jazz, le contrebassiste Charlie Haden retrouve l’un de ses compagnons les plus fidèles des quinze années écoulées, le pianiste cubain Gonzalo Rubalcaba . Après  » Nocturne « , sorti en 2000 et consacré aux mélodies cubaines ou argentines, les deux amis livrent  » Land Of The Sun – La Tierra del Sol « , mis en boîte en décembre 2003 aux studios Avatar de New York. L’amour commun que portent Charlie et Gonzalo aux partitions de Jose Sabre Marroquin, orchestrateur et compositeur de renom, maestro du boléro mexicain.
Au programme : deux thèmes d’Agustin Lara et Armando Manzanero (autres figures de proue du boléro mexicain) et sept merveilles dues à la plume ô combien fine de Sabre Marroquin , autant de gemmes mélancoliques nimbés de poésie et de tendre lyrisme. Pour réinterpréter – transfigurer, sublimer – ces mélodies éternelles, le tandem a convié un petit ensemble réunissant, selon différents formats (du duo au nonet), le battteur Ignacio Berroa, les saxophonistes Joe Lovano (ténor) et Miguel Zenon (alto), le trompettiste Michael Rodriguez, le flûtiste Oriente Lopez et les guitaristes Larry Koonse et Lionel Loueke. Où l’on retrouve la sonorité de marbre, épaisse et moelleuse, de Charlie et la technique hors du commun de Rubalcaba, virtuose nanti d’une culture immense , lequel, contrairement à sa réputation de boute-feu, se révèle ici non seulement arrangeur d’une grande délicatesse mais aussi pianiste des plus mesurés – puissance magistralement contrôlée et toucher beaucoup plus effleurant que percussif. L’un et l’autre entièrement au service d’une musique toute de fraîcheur – celle des fins d’après-midi à l’ombre d’un patio – et de retenue, doucettement nostalgique et magnifiquement légère, pour ne pas dire aérienne. Le bonheur sur un nuage.
Après  » American Dreams  » (2002), dédié au  » great american songbook  » (avec Michael Brecker, Brad Mehldau et Brian Blade) et le dernier chapitre des  » Montréal Tapes « ,  » A tribute to Joe Henderson  » (session live unissant Haden au regretté Joe Henderson et aux tambours d’Al Foster), Haden ajoute un chef d’oeuvre supplémentaire à son musée personnel.

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