Cinéma : Jodie Foster, la flamboyante

Meg Altman est une femme dans ces trentaines qui, comme il est monnaie courante de nos jours, se sépare de son mari. Une séparation, non sans douleur, et une angoisse de devoir, à elle seule, élever sa fille Sarah. Déterminée à tourner la page et entamer une vie nouvelle, elle commence par acheter une immense et ravissante maison où elle décide de s’installer. Une vie sans craintes planait d’ores et déjà à l’horizon.
Seulement voilà, la nouvelle demeure, située dans un quartier huppé de New York, appartenait à un milliardaire qui y avait construit une pièce de sûreté au dernier étage. Une chambre comme il y en a beaucoup et certains constructeurs spécialisés proposent. Tout laisse à croire qu’il ne s’agit que d’un refuge au cas où un danger extérieur adviendrait. Les provisions de plusieurs jours étaient là pour le prouver. Meg n’aurait jamais pensé devoir un jour l’utiliser, avant que des cambrioleurs, Burnham, Raoul et Junior, ne décident de lui rendre visite. C’est alors qu’elle s’y cache avec sa fille ignorant que les criminels visaient la même chambre. L’ancien maître des lieux y aurait dissimulé une somme de quatorze millions de dollars que les visiteurs ont la ferme volonté de dérober.
Il s’agit dans Panic Room d’un thème qui préoccupe de plus en plus la société américaine et qui n’est autre que l’insécurité qui pousse les gens à se retirer et se barricader derrière des murs aussi bien physiques que psychiques. Un thème rarement traité en cinéma et une histoire qui nous tient en haleine pendant deux heures piles, de bout en bout. L’Ombre d’Alfred Hitchcock n’en finit pas de planer tout au long du film. Et pour cause, le réalisateur de Panic Room n’est autre que l’un de ses disciples, à savoir, le virtuose David Fincher. Avec Seven, The Game et Fight Club, films qui portent sa signature, Fincher nous a déjà habitués aux plus grands thrillers d’aujourd’hui. Mais dans Panic Room, il s’est de nouveau surpassé, réussissant au passage un autre coup d’éclat. Des dialogues bien ciselés et ingénieux, un montage précis, fait millimètre de pellicule près, des mouvements de caméra impressionnants. On est dans monde où la maîtrise de l’art est la seule règle et la redondance et l’ennui n’ont pas lieu d’être.
La panoplie d’excellents acteurs dans ce film est là également pour nous tenir attentifs, émerveillés. A commencer par Jodie Foster, que l’on a le bonheur de revoir et qui a été appelée à interpréter le rôle principal du film en remplacement à Nicole Kidman. Elle a su incarner à merveille son personnage de femme seule et angoissée mais courageuse. A tel point que l’on aurait pu imager un rôle qui lui soit plus approprié. Forest Whitaker et Jared Leto ont contribué à donner un brin d’humour au film, nous évitant le risque de tomber dans un piège propre aux huit-clos : l’ennui. Une composition subtile pour un grand moment de cinéma, si ce n’est la fin un peu bâclée et ordinairement spectaculaire qui fait fausse note.

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