Cinéma : La gloire pour Amélie Poulain

Elle s’appelle poulain, Amélie Poulain. Une fille comme il y’en a pas beaucoup qui partage sa vie banlieusarde avec son poisson rouge, sa mère qu’elle voit mourir à petit feu et son père, fou amoureux d’un nain de jardin. Ne pouvant plus tolérer une telle atmosphère, elle plie bagages pour aller vivre à Montmartre, où elle est serveuse dans un bar. Une vie sans but mais qui ne tardera pas à en avoir. Ayant, par un pur hasard, trouvé une petite boîte à souvenirs dans sa salle de bain, elle tente de retrouver son propriétaire. Mission accomplie : il s’appelle Dominique, en pleure de joie à la vue de sa boîte et sa vie retrouve soudainement un sens. Celle d’Amélie aussi. Elle se fixe dès lors comme tâche d’aider les autres, par de simples gestes, à retrouver goût à la vie. Naîtront alors des rencontres surprenantes: Georgette, la buraliste hypocondriaque, Lucien, le commis d’épicerie, Madeleine Wallace, la concierge portée sur le porto et les chiens empaillés, Raymond Dufayel alias «l’homme de verre», son voisin qui ne vit qu’à travers une reproduction d’un Renoir. Cette quête du bonheur amène également Amélie à faire la connaissance de Nino Quincampoix, un étrange «prince charmant», beau et tout aussi timide qu’elle. La fascination d’Amélie pour Nino perturbe sa vie et donne lieu à une course vers un amour à l’état brut, simple, pur, vrai.
On l’aura compris, «Le fabuleux destin…» est une histoire d’amour, avec un grand A. L’amour de Paris et ses pavés, d’Amélie et ses coquetteries, des autres et leurs défauts, leurs qualités. C’est une histoire où on apprend à aimer son voisin, à vouloir le bien de tous. Un amour où les valeurs humaines trouvent toutes leurs significations. Un film né d’une simple envie de son réalisateur, Jean-Pierre Jeunet (Alien : resurrection), de renter au bercail et faire un « petit » film chez lui, histoire de se débarrasser du poids de sa carrière hollywoodienne. Le résultat est un pur chef d’ouvre du cinéma d’aujourd’hui.
Des scènes qui donnent à rire jusqu’aux oreilles, un scénario touchant, un choix d’acteurs irréprochable. Le talent dont Audrey Tautou fait preuve dans son rôle d’Amélie dépasse tous les critères auxquels le tapageur cinéma américain nous a habitués. On en oublie même qu’il ne s’agit que d’un film. On est porté jusqu’au sommets du ravissement, de l’enchantement, par cette fille si simple, si timide mais si envoûtante. Le personnage et l’actrice en viennent à se confondre, se mélanger, nous livrant au passage un véritable conte de fée des temps modernes. Mathieu Kassovitz ( Nino) n’est plus à présenter, lui qui s’est merveilleusement illustré dans « La Haine ». Il joue parfaitement le jeu d’Amélie. Sans oublier le brillant Jamal Debbouze, dans son rôle de Lucien.
Un acteur qui semble avoir de belles années devant lui en cinéma. La mise en scène axée essentiellement sur le personnage d’Amélie. Elle ne s’en trouve que plus réussie, fantaisiste et touchante. Une vraie leçon d’amour. Un film dont on ne sort pas indemne et comme on en croise rarement sur les routes de nos salles. Fabuleux.

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