Cinéma : La vie du «Rossignol brun» racontée autrement

Cinéma : La vie du «Rossignol brun» racontée autrement

Abdelhalim Hafed est sur son lit de mort à l’hôpital. Il écoute une émission radio qu’il avait enregistrée avec un journaliste égyptien. Du dialogue entre les deux personnes, le spectateur comprend que l’émission en question retrace le parcours hors pair du «Rossignol brun». C’est sur ce plan-séquence que le réalisateur Chérif Arafa donne le coup d’envoi à son dernier film «Halim». Ce long-métrage de 140 mn, sorti en juillet 2006 en Egypte, est projeté dans trois salles obscures de Casablanca : Mégarama, Lynx et Rialto. Le film, qui a nécessité à son réalisateur près de 4 années de préparation et onze semaines de tournage, est né d’un accouchement douloureux. Le cinéaste auteur du célèbre opus «Le terrorisme et le Kebbab» avait voulu dès le départ que le rôle du chanteur Abdelhalim Hafed soit interprété par une autre idole des Egyptiens : l’acteur Ahmed Zaki. En réunissant  deux vedettes dans le même film, Chérif Arafa pouvait au moins s’assurer que des centaines de spectateurs égyptiens se ruent vers les salles de cinéma pour découvrir cette œuvre cinématographique. Mais Ahmed Zaki ne pourra pas finir toutes les scènes qu’il devait interpréter. Il succombe à sa maladie en mars 2005. Tous les cinéphiles et les critiques de cinéma se demandaient qui allait bien pouvoir assurer l’intérim. La solution de Chérif Arafa sera simple. Il fera appel à son fils Haytham Ahmed Zaki. Ce dernier fera pour la première fois son apparition au cinéma. Dans tous les flash- back du «Rossignol brun» : ses débuts en tant qu’enseignant de musique à l’Institut de musique arabe du Caire, sa réussite au concours de la radio, sa rencontre avec le musicien Mohamed Abdelwahab, Haitham se met dans la peau de Halim. Sa meilleure prestation se laisse ressentir lorsqu’il parle à ses amis de sa foi  et de son ambition de devenir un grand chanteur. Cette scène succède à celle où il anime un concert de musique dans une salle de spectacles de la capitale, et où il sera hué par le public. Les spectateurs ne vont pas acclamer sa première chanson «Liqae». Ils ne sont pas habitués aux chansons courtes et réclament le registre classique d’Abdelwahab (Eizzat Abou Aouf dans le film). En homme déterminé, Abdelhalim Hafed refuse de se soumettre à la volonté du public au détriment de sa propre ambition. Pour s’imposer, il va se battre. Toute la vie de Halim est marquée par ce combat. De sa naissance  jusqu’au jour de sa mort, il luttera pour la survie et pour une reconnaissance.
Il attrape la bilharziose, une maladie qu’il a contracté en se baignant dans l’étang qui se trouve à Halouat, son quartier natal. Le film dévoile également un élément important dans la vie de Halim. Son frère, interprété par Salah Abdellah, le prendra en charge alors que toute la famille le rejette. Quelques jours après sa naissance, sa famille voulait l’obliger à boire le lait de sa mère pour qu’il trouve la mort à son tour.  Son frère l’écarte et lui permet de continuer à vivre. Un détail de la vie du chanteur que ses adulateurs pourront découvrir à travers ce dernier opus de Chérif Arafa.                       

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