Cinéma : Un multiplexe avec vue sur mer

Un hall situé sur une plage, une entrée semblable à celle des plus grands palais, un long couloir où un « tapis rouge » est constamment déroulé pour recevoir les visiteurs. A droite comme à gauche, des portes donnant sur des salles obscures d’où parviennent des images et des sons. Une atmosphère de majesté entoure l’endroit. Non ce n’est pas la première scène d’un film sur une féerie d’antan. On est bel et bien à Casablanca, centre névralgique du Maroc et métropole économique. Plus précisément, on est au Boulevard de la Corniche qui a vu naître le plus grand multiplexe cinématographique de l’Afrique. Megarama.
Après cinq ans de gestation, d’études de marché, de choix de l’emplacement, d’études de faisabilité et de surpassement d’obstacles surtout, le Megarama de Casablanca a enfin vu le jour. Pour la grande joie de tous les amateurs du cinéma. Fruit d’un investissement de 200 millions de dirhams, le multiplexe est composé de 14 salles de projection, d’une capacité globale d’accueil de 3646 places pour le cinéma et plus pour le théâtre. La nouvelle a été annoncée lors d’un point de presse, organisé mardi à l’enceinte même de Mégarama. Initiateur du projet et PDG de la société Jean-Pierre Lemoine déclare être parti d’un simple amour du cinéma. «Au-delà de l’aspect finacier, de la rentabilité du projet, il y a l’amour du 7e art qui m’a poussé à ouvrir ma première salle, Tremplin de Courchevel, en 1960 en France. Le même sentiment m’a donné envie de partager cette passion avec les Marocains », précise-t-il. Des propos sincères, un personnage très particulier. Le propriétaire du complexe a indiqué que les 14 salles sont de dimensions différentes. La plus grande offre 850 places et la plus petite 60. Une particularité mérite un arrêt. Conçue de façon à pouvoir également accueillir divers spectacles et séminaires avec son estrade de 32 m de large, la grande salle est dotée du plus grand écran au monde, après celui de Dome à Los Angeles : 12 mètre de hauteur et 26 de largeur.
Avec un équipement high-tech (Dolby, DTS, écrans panoramiques…) ce complexe se propose, selon son promoteur, d’offrir au public un large choix des films les plus récents, en projection continue à partir de la matinée. Outre le cinéma, la distraction est également au menu. La société a sous-loué une partie de l’espace qu’elle occupe à trois sociétés de fast-food et cafétérias. Elle emploie une centaine de personnes.
Jean-Pierre Lemoine est tout simplement un fou du cinéma. Il n’y a qu’à voir l’ampleur de ces investissements dans ce domaine pour s’en rendre compte. Le taux de retour sur investissement est prévu de sept à dix ans. Pour cela Megarama table sur des entrées allant de 1,5 à 1,7 millions pas an. Ayant crée, depuis déjà un demi-siècle, son premier cinéma dans un village ne comptant que 2000 habitants, Lemoine possède aujourd’hui quatre multiplexes en France. Cette fois, il mise sur Casablanca, première sortie du groupe hors des frontières de l’hexagone.
Un seul hic est à signaler, l’acquisition de films passera par les réseaux déjà existants. Depuis son entrée dans le marché marocain des salles, une nette amélioration a été enregistrée dans ce volet. On assiste à l’arrivée de films de plus en plus récents. Cela dit on est encore loin de pouvoir regarder un film à Casablanca au même temps qu’à Paris. Et ce n’est pas Megarama qui réglera ce décalage.

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