Abdelfattah Serrari: «L’walida» ou quand les relations maternelles sont matérialisées

Abdelfattah Serrari: «L’walida» ou quand les relations maternelles sont  matérialisées

Entretien avec Abdelfattah Serrari, réalisateur et producteur


Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le cinéma traditionnel ou commercial pour gagner de l’argent mais celui engagé qui est à mes yeux un patrimoine à préserver. Le cinéma engagé c’est celui qui vise à changer le monde de par les messages qu’il véhicule.

ALM: Veuillez bien vous présenter aux lecteurs…

 

Abdelfattah Serrari : Je suis réalisateur et producteur. J’ai fait mes études en audiovisuel au Maroc et des stages entre mon pays et la France. Après quoi j’ai passé une dizaine d’années en publicité. En 2013, j’ai créé ma boîte de production spécialisée en publicité, documentaires et location de matériel.

Vous venez de réaliser votre 1er film «L’walida». Parlez-nous-en…

Depuis 3 ans, j’ai eu l’idée de ce film, qui est un court-métrage, que j’ai écrit moi-même. Dans cette œuvre cinématographique dont les faits sont inspirés d’une histoire réelle, je parle de ma propre mère. Cependant, la chute du film est différente du sort que je préfère avoir avec ma mère en réalité. Dans «L’walida», il y a des séquences qui ont été ajoutées pour les besoins du film dont le contenu relate exactement la réalité qui règne chez les familles marocaines. Il s’agit de l’impact du côté matériel sur la relation maternelle parce que, à un certain moment, certains font une certaine autorité sur leurs parents quand ils matérialisent la relation avec ceux-ci. C’est ainsi que tout le monde pourrait se retrouver dans ce film.

Quand est-ce que vous allez sortir votre film dans les salles de cinéma?

La sortie de ce film, qui est une autoproduction, est prévue en fin novembre. Pour l’heure, l’œuvre, qui a pris une année en postproduction, est déposée chez le Centre cinématographique marocain pour validation.

Comment avez-vous convaincu un casting de renom pour participer à votre première expérience au cinéma ?

Je trouve qu’il n’y a pas mieux que Souad Saber et Ousama Bastaoui pour interpréter les rôles de mère et fils. Aussi, c’est pour la première fois qu’Ousama Bastaoui fait du cinéma. C’est une personne qui ne prend pas part à un film s’elle n’est pas bien préparée. Quand il a bien lu le scénario, il l’a apprécié et m’a dit qu’il aimerait bien offrir un cadeau à sa mère. Après montage, il a pleuré quand il a vu le film qui est assez touchant et où chacun a son propre monde. C’est aussi un film qui donne l’impression d’être un long-métrage quand on le regarde.

Avez-vous préparé une promotion pour «L’walida» ?

Je vais commencer par une avant-première en fin novembre. Par la suite, cela dépendra des salles qui vont en programmer la projection.

Pourquoi ne vous affichez-vous pas bien que vous soyez réalisateur ?

Bien que je sois dans le domaine depuis 2005, je préfère prendre mon temps pour concevoir une histoire attrayante pour le public. Pour ma part, ce qui m’intéresse, ce n’est pas le cinéma traditionnel ou commercial pour gagner de l’argent mais celui engagé qui est à mes yeux un patrimoine à préserver. Le cinéma engagé c’est celui qui vise à changer le monde de par les messages qu’il véhicule.

Des projets en vue?
Moi et mon équipe sommes en train de préparer un long-métrage qui n’abordera pas le même sujet que «L’walida» mais qui rentrera dans le cadre du cinéma engagé.

Un dernier mot peut-être ?
Hélas, au Maroc, on cherche toujours à s’enrichir par le biais de l’art. Si on veut faire fortune il ne faut pas cibler ce domaine. En l’absence de contrôle, il y a des réalisateurs qui prennent des subventions sans diffuser leurs films dans les salles qui ne sont pas à leur tour rentables.

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