Au Colisée à Marrakech… le temps d’une projection

Au Colisée à Marrakech… le temps d’une projection

Un cadre populaire pour un spectacle cinématographique

Au Colisée dans la ville ocre, c’est une caste populaire variée qui assiste aux films programmés lors du Festival international du film de Marrakech (FIFM). A première vue, dimanche soir lors de la projection du film en compétition officielle «King of the Belgians» des réalisateurs Peter Brosens et Jessica Woodworth, ce public est composé de jeunes issus de la classe moyenne, de personnes âgées et d’étrangers.

Un public réceptif

pic_king-of-the-belgians-fifmA 17h20, certains cinéphiles étaient déjà installés dans la salle de cinéma au moment où d’autres affluaient vers les lieux. Dix minutes plus tard, la projection de «King of the Belgians» commence comme prévu dans le programme du festival. «Ah  tiens ! c’est un film en compétition. A chaque fois, on précise la sélection des films projetés», observe spontanément un jeune couple. Dès que le film commence, un silence s’empare de la salle. Au fur et à mesure de la progression du film, on commence à entendre des rires quand un personnage profère des propos hilarants ou fait des gestes de grimaces drôles puisque «King of the belgians» est une comédie. Assez époustouflante d’ailleurs. Il s’agit, en bref, de l’histoire du roi des Belges en visite à Istanbul quand la Wallonie déclare son indépendance.

Pour tenter de sauver son royaume, il doit immédiatement retourner en Belgique sauf qu’une tempête solaire paralyse l’espace aérien et les réseaux de communication. Avec l’aide d’un réalisateur anglais et d’une troupe de chanteuses folk bulgares, le roi et sa suite parviennent à s’enfuir incognito. «ça rappelle bien des rythmes de chez nous au Maroc !», constatent, en dialecte marocain, deux amis, à l’écoute des voix de ces chanteuses. C’est donc un public assez réceptif quel que soit son niveau intellectuel. Cette attention durera jusqu’à la fin du film d’une durée d’une heure 34 mn et qui a été ovationné par le public du Colisée à l’issue de sa projection. Chacun des spectateurs ayant une vision différente de cette œuvre cinématographique et de la salle de cinéma où le film a été projeté.

Prédilection pour le Colisée et impressions sur le film

«Je préfère cette salle de cinéma. C’est comme si l’on regardait un film dans un cadre populaire», déclare un ingénieur marrakchi à la retraite en indiquant avoir vivement apprécié «King of the Belgians» de par sa technique de réalisation. «Par  contre, la traduction du scénario n’est pas parfaite par rapport aux propos des personnages», fait-il remarquer. Son ami qui l’accompagnait pense la même chose du long-métrage et ne manque pas d’établir des comparaisons entre le colisée et le Palais des congrès. «J’ai fait la demande pour avoir accès avec badge au Palais des congrès. Mais quand j’y suis allé pour avoir l’accréditation, je devais passer un temps d’attente énorme. Alors j’ai laissé tomber !», précise-t-il. «Pour entrer au Colisée, nous avons payé 15 DH, c’est pas du tout cher ! La différence entre le Palais des congrès et le Colisée, c’est que, dans le premier, on peut rencontrer des hommes d’affaires et des gens du cinéma. Il y en a aussi au Colisée, mais pas autant. On peut payer le pass pour le Palais des congrès à 120 ou 150 DH. Ce qui importe c’est de le fréquenter», enchaîne-t-il.

Du côté des jeunes, l’accès au palais des congrès permet de voir de près les artistes. «Mes amis m’ont raconté qu’on peut rencontrer les artistes là-bas», indique Ouadie Talha, jeune lycéen, qui trouve que le film projeté est à caractère documentaire en rappelant qu’il dispose d’un badge pour assister aux projections. Quant à Mehdi, étudiant en sciences juridiques, qui a, à son tour, un badge, il trouve que le film est à la fois «comique et réel». 

Pour sa part, le public étranger semble avoir aussi une prédilection pour le Colisée. «J’aime beaucoup cette salle de cinéma, si ancienne et tellement conviviale», indique une dame française qui a également beaucoup aimé le film projeté. «Il y a de l’humour et des rappels historiques. La musique choisie, le boléro de Ravel, est belle aussi», ajoute-t-elle. Sa compatriote a, quant à elle, déjà vu le film samedi au Palais des congrès. Elle est venue dimanche soir au Colisée pour voir le film hors-compétition «Cessez-le-feu» d’Emmanuel Courcol. «Le Colisée, qui a été rénové, c’est le rattrapage pour moi. Quand je rate un film au Palais des congrès, je viens le voir dans cette salle de cinéma», indique-t-elle. «J’aime bien le Palais des congrès. Auparavant, je trouvais que c’est très pénible de suivre un film au Colisée parce que les gens rentraient, sortaient et parlaient au téléphone. Il n’y avait pas un public de cinéphiles, il y avait plus un public populaire. Mais depuis l’année dernière je trouve que cela a changé. Maintenant, je recommande le Colisée aux gens que je connais», dit la dame française qui trouve que le film «King of the Belgians» est surprenant, curieux et drôle.

Si le calme régnait lors de la projection au Colisée de «King of the Belgians», ce n’est pas toujours le cas. Lors des éditions précédentes, cette même salle témoignait du tapage causé par des jeunes à la vue de scènes osées. Chose qui dérangeait le public étranger qui lançait aussitôt des «chuuutt!».

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