«C’est eux les chiens» de Hicham Lasri à l’assaut des salles obscures

«C’est eux les chiens» de Hicham Lasri à l’assaut des salles obscures

Après avoir débarqué sur les écrans français et sillonné les festivals du monde avec succès, «C’est eux les chiens» du jeune réalisateur Hicham Lasri sera visible dans les salles obscures nationales à partir du 2 avril. Sous son titre provocateur, Hicham Lasri réalise un film d’un revenant. Il relate l’histoire de Majhoul, emprisonné après les émeutes de 1981 au Maroc avant d’être libéré en 2011, soit 30 ans plus tard, en plein «Printemps arabe».

Majhoul, dont le rôle est campé par l’acteur Hassan Badida, doit apprendre à trouver sa place dans ce nouveau monde qui lui est inconnu, tout en faisant une recherche sur son passé. «Une sensation de devoir, graver le temps sur du bois qui brûle pour capturer la course d’un revenant qui essaie de regagner sa place dans un monde à la fois familier et totalement différent», peut-on lire dans une notre d’intention du réalisateur.

D’ailleurs, «C’est eux les chiens» a été conçu pour être une sorte de comédie sombre. «Souvent les manifestants n’avaient aucune considération idéologique ou revendication pour manifester. Il y avait parfois un esprit hooligan semblé avec une revendication politique floue», explique-t-il. Il est à noter que ce second long métrage de Hicham Lasri est produit par Nabil Ayouch. Il est tourné volontairement sur fonds propres.

Il a participé au Festival de Cannes dans sa section Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (ACID). De plus, il a raflé plusieurs prix dont le prix de la meilleure interprétation masculine au Festival international du cinéma d’auteur de Rabat. Il a également remporté le Grand prix du 10ème Festival du cinéma africain de Cordoue, organisé en octobre dernier.

Les critiques et cinéastes étrangers considèrent que «C’est eux les chiens» est un film viscéral qui hurle la nécessité d’une renaissance. «Le tour de force de Lasri est de faire d’une errance erratique un thriller haletant. Grâce du cinéma contre les images du flux médiatique qui produisent de l’oubli. Mise en scène virtuose contre le recouvrement de la mémoire», a témoigné la cinéaste Fleur Albert. À rappeler que le cinéaste casablancais, Hicham Lasri, a choisi l’abstraction du langage cinématographique.

Il a entamé une longue période d’apprentissage en écrivant des pièces de théâtre, deux romans, des scénarii et des BD. Après cette période, il passe par l’école de la pub et du clip avant de réaliser ses premiers courts-métrages en développant une approche personnelle ancrée dans la société casablancaise et stylisant les décors de cette ville ainsi que ses habitants. «C’est eux les chiens» est le deuxième long métrage de Lasri après «The end». A découvrir.
 

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