Court-métrage : Virée au pays où tout est «Houkak»

Court-métrage : Virée au pays où tout  est «Houkak»

Il paraît que «Cuddle Up To Me» est le nom, accrocheur, de la toute première boutique à câlins au monde, et c’est aux Etats-Unis qu’elle a ouvert ses portes. Le concept est plutôt simple; les clients viennent la voir pour câliner ou être câlinés pour un dollar la minute. Au Maroc, toutefois, et pour le même service, le prix payé par les protagonistes du court-métrage, «Houkak» est tout autre. Houkak est une réponse toute fraîche à un vécu purement marocain. Cette réponse nous est apportée par le talentueux Younes Yousfi.

Younes Yousfi est un nom à retenir. Pour un premier court, ce jeune réalisateur a su brillamment habiller son idée en empruntant une approche sociale dénudée de tout artifice. Le scénario est également une première aventure de la belle plume du blog «L’incroyable connerie d’un fhamator»; Alae Tkhissi. Brièvement, Houkak est l’histoire de deux trentenaires habitant la ville de Casablanca. Au quotidien, ces deux jeunes, comme tant d’autres, doivent faire face aux travers de leur société dans son expression la plus visible et non la moins crue. Ce court-métrage pose subtilement une série de questions intrigantes sur un Maroc où la bourse des valeurs (humaines) est au rouge. Elle cède de ce fait, naturellement, sa place à un système où la violence sous toutes ses formes demeure le maître mot.

L’histoire, racontée majoritairement par des images tournées dans l’espace public, se veut une remise en question de plusieurs maux à la fois. Se disant pas en adéquation avec leur entourage et forcément plus savants, les deux protagonistes servent de portraits-robots d’une certaine catégorie de la jeunesse marocaine. Ils analysent, fustigent, posent des questions, cherchent des solutions mais rêvent aussi d’une société meilleure. Ce rêve, ils ont osé le penser et le concrétiser en la simple idée des «Free Hugs». Cette mouvance à succès dans les sociétés occidentales consiste à offrir des câlins gratuits aux passants dans la rue. Les jeunes trentenaires ont décidé de l’appliquer dans un environnement marocain.

Le résultat reste bouleversant bien qu’attendu. Dans un pays où tout se justifie sans arguments, Houkak sert de réponse à tout.
Dans Houkak, ces deux talents prometteurs ont fait appel à des comédiens connus et moins connus. Younes Yousfi, Morchid Hamid, Aissam Bouali, Mohamed Quatib, Aziz Dadas et d’autres ont parié juste sur «Houkak». Ils estiment que ce nouvel arrivant sur la scène cinématographisque nationale n’est autre que «le fruit d’une bienveillance commune».
 

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