Entretien avec Jamila Charik, actrice : «J’ai opté pour le cinéma ces deux dernières années»

Entretien avec Jamila Charik, actrice : «J’ai opté pour le cinéma ces deux dernières années»

Jamila Charik s’est récemment éclipsée du petit écran. Une absence qui nous a incités à lui demander ses nouveautés artistiques.    

ALM : Vous ne multipliez plus les apparitions à la télévision. Quelle en serait la raison ? 

Jamila Charik : J’ai opté pour le cinéma ces deux dernières années. Ainsi, je prends part au long-métrage intitulé «Matfahemnach» (Nous ne nous sommes pas entendus) du réalisateur Ayoub El Aiassi. C’est sa première œuvre cinématographique qui verra le jour bientôt dans les salles de cinéma. Il s’agit d’une adaptation de la fameuse pièce de théâtre «Le malentendu» d’Albert Camus. Dans ce film, tourné à Lalla Takerkoust (région de Marrakech), je joue le personnage de la mère mais dans une autre facette. C’est pour moi un nouveau rôle. Outre ce film, je m’affiche dans deux autres dans lesquels j’interprète également le rôle de la mère.

Pourriez-vous nous expliquer la différence de ce rôle entre les trois productions ?   

Dans «Matfahemnach», j’incarne la mère endurcie par la pauvreté. De telles conditions l’incitent à duper les clients de l’hôtel qu’elle gère en leur soutirant de l’argent. Au retour du fils, qui ne dévoile pas son identité, il subit le même traitement sauf qu’il n’a pas été laxiste. Au fil de l’intrigue, il découvre que la gérante de l’hôtel n’est autre que sa mère. C’est pourquoi il finit par se suicider. La mère lui emboîte le pas. Dans le deuxième film, soit «Volubilis» de Faouzi Bensaidi qui sortira bientôt, j’interprète un rôle différent. Celui de la mère populaire, émotive, affectueuse et courageuse qui milite pour ses enfants. Le troisième film étant intitulé «Retour à Bollène». Il s’agit d’une production française tournée à Paris et qui relate l’histoire d’une Marocaine migrant avec sa famille. Dans ce film qui sortira, à son tour, bientôt, je me suis affichée avec Anas El Baz et une autre actrice française. De telles participations ont fait que je ne me produise plus à la télévision, où je ne trouve que les rôles qui se répètent, pour opter pour le cinéma.

Qu’est-ce qui vous a décidée à collaborer avec un cinéaste qui réalise son 1er long-métrage ?

C’est parce que je lui ai fait confiance. Quand Ayoub Al Aiassi m’a contactée pour lire le scénario dont l’origine est tirée de l’œuvre «Le malentendu» que j’apprécie, je n’ai pas pensé au côté matériel. Je me suis dit que c’est un rôle qui me fera plaisir. Et c’est ce qui s’est d’ailleurs passé. D’autant plus que le réalisateur, que je connais, est une personne cultivée. Comme il assiste aux pièces de théâtre auxquelles je me produis, là il s’est fait une idée de mes performances. C’est ainsi que nous nous sommes entendus pour les fins de son film.   

Pourquoi n’opte-t-on pas, à votre sens, pour l’adaptation de la littérature au cinéma ?

C’est éventuellement le choix des réalisateurs qui ont peut-être peur de ne pas drainer un grand public. Encore faut-il qu’il y ait assez de salles de cinéma pour attirer des cinéphiles.

Auriez-vous quand même des projets pour la télévision ?

Je m’affiche dans un téléfilm intitulé « Village oublié ». Cette œuvre, réalisée par Mustapha Madmoune et tournée à Tiznit, sortira bientôt. Pour rappel, j’ai déjà collaboré avec ce réalisateur pour les fins du téléfilm «Une simple rumeur» (Ichaâ).

Avez-vous subi une marginalisation à la télévision de par l’émergence de nouveaux talents ?

J’apprécie plutôt les jeunes talents dont certains sont des amis. Ce qui importe c’est la qualité que le public juge ultimement. Pour ma part, il est vrai que je ressens une marginalisation dont j’assume la responsabilité puisque je ne m’ouvrais pas à un moment sur les médias. Chose que je fais maintenant. D’autant plus que j’ai tendance à choisir les œuvres auxquelles je participe parce que je ne veux pas me répéter. Tant que l’œuvre n’est pas bonne, je n’y travaille pas.

Qu’en est-il de vos participations aux œuvres théâtrales ?

Je prends part à la nouvelle pièce de théâtre «Alach ella» (Pourquoi pas !) écrite par Ibrahim Hanaey et mise en scène par Abdelilah Ajil. Après une avant-première, qui a eu lieu récemment au théâtre national Mohammed V à Rabat, une tournée est prévue lors du mois courant. A commencer par la ville de Settat où la troupe fera escale le 14 février. Le 15 février, la pièce sera représentée à El Jadida. D’autres suivront à Casablanca et Berrechid. Dans l’ensemble, 4 représentations sont prévues au cours de ce mois. Pour rappel, cette œuvre est une adaptation de la pièce de théâtre « Le suicidé » du dramaturge russe Nicolaï Erdman. C’est l’histoire d’un chômeur, pris en charge par sa femme et sa belle-mère, qui finit par décider de se suicider. Une décision qui suscite l’intérêt des politiciens et des hommes de religion entre autres et qui fait la renommée du héros de la pièce.

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