Entretien avec Nadia Ghalia Lamhaidi, scénariste: «Je dois beaucoup à mes enfants»

Entretien avec Nadia Ghalia Lamhaidi, scénariste: «Je dois beaucoup à mes enfants»

Dans cet entretien, Nadia Ghalia Lamhaidi parle du thème de son dernier court-métrage «Connexion», programmé en compétition officielle dans le cadre du 17ème Festival national du film de Tanger.

_Nadia-Ghalia-LamhaidiALM : Comme avez-vous eu l’idée de réaliser votre dernier film sur la femme au Maroc ?
Nadia Ghalia Lamhaidi : «Connexion» est mon deuxième film en tant que scénariste. J’ai déjà travaillé comme assistante de réalisation et à l’écriture du scénario de «Raya lbayda» (drapeau blanc) de Layla Triqui. L’idée de la réalisation de «Connexion» m’est venue il y a trois ans et est inspirée du projet Guide «Femmes du Maroc : Histoire de succès invisibles». Ce projet a été réalisé avec le Centre danois pour la recherche et l’information sur le genre, l’égalité et la diversité (KVINFO) sur quinze profils de femmes opérant dans les différents secteurs tels que l’huile d’olive, l’élevage, et l’investissement dans un groupe de presse. L’idée centrale de ce projet est de passer à la phase images en se basant sur quelques portraits des femmes qui nous ont le plus touchés pour les présenter dans un documentaire ou dans un film de fiction.

Le thème «Connexion» reflète-t-il votre engagement comme militante féministe ?

En réalité, je ne suis pas une militante féministe, mais je travaille beaucoup sur la thématique de la femme, dont je fais mon cheval de bataille. D’ailleurs, je suis fière d’être la fille de l’ancienne résistante feue Fatna Kaouiti. Ayant débarqué à Rabat du fin fond de son village de Doulkala, elle s’est retrouvée, malgré son analphabétisme, emportée dans la mouvance du retour de l’exil de feu SM Mohammed V. Je salue, à cet effet, l’âme de ma mère et celles de toutes les femmes de cette époque qui ont milité pour la construction d’un Maroc libre et en constant développement. Je tiens aussi à les rassurer, là où elles sont, que le combat continue.

Est-ce que vos prochains projets de films seront autour de la même thématique féminine ?

J’envisage de terminer une trilogie sur la femme au Maroc. J’ai travaillé sur la même idée dans «Raya Lbayda», dont j’étais porteuse du projet financé par GIZ, qui est un organisme allemand chargé de la coopération internationale. Ce film, réalisé par Layla Triqui, parle des femmes travaillant dans une usine de conserve de sardines pour gagner leur vie et celle de leur famille. Le court-métrage « Connexion», qui vient d’être présenté au public dans le cadre du 17ème FNFT, met en avant l’expérience de la femme dans la gestion locale. Je suis en phase de finalisation du projet de mon troisième film sur la même thématique féminine. Il s’agit de trois films de «entretrainment» (distraction), qui assurent en même temps le spectacle et l’interaction, et mettent en avant le rôle de la femme dans les différents domaines.

Avez-vous du soutien dans vos projets dédiés à la femme marocaine ?
Je dois beaucoup à mes enfants, qui sont les premiers lecteurs de mes scénarios et les premiers récepteurs de mes images de films. D’ailleurs, ma fille Houda a assuré le sous-titrage de «Connexion» en anglais. Concernant le soutien financier, «Raya Lbayda», dont j’ai été porteuse du projet, il a été financé en sa totalité par la GIZ. Alors que « Connexion » a bénéficié d’un petit soutien financier de la part de KVINFO. Le reste est assuré par le concours de ma famille, mes amis et un apport personnel que je continue de payer.

 

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