FICMT: «3000 nuits», un film qui raconte la souffrance des Palestiniennes dans les prisons israéliennes

FICMT: «3000 nuits», un film qui raconte la souffrance des Palestiniennes dans les prisons israéliennes

«3000 nuits» montre comment les prisonnières palestiniennes sont devenues très solidaires avec l’ancienne institutrice après son accouchement, faisant de cet événement une fête. Elles vont considérer le petit Nour comme leur propre fils.

Inspiré de faits réels, «3000 nuits» de Maï Masri décrit les conditions de vie des prisonnières palestiniennes dans un centre de détention israélien. Ce film de 103 mn a été présenté le 29 mars, dans le cadre du 22ème Festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan, qui se poursuit jusqu’au 2 avril. Née à Amman (Jordanie) d’un père palestinien et d’une mère américaine, Maï Masri a réalisé ce film après plusieurs documentaires sur la guerre civile libanaise et les camps de réfugiés palestiniens.

Elle a ainsi réussi à réunir dans son équipe de «3000 nuits» des témoins ou anciens détenus palestiniens des centres de détention israéliens. Comme c’est le cas de Maïssa Abdel-Hadi qui y joue le rôle principal. Elle n’avait pas fait la prison, mais elle a rencontré une ancienne prisonnière palestinienne ayant accouché de son premier enfant dans la prison et dont l’histoire de «3000 nuits» est tirée.

Maï Masri a jeté son dévolu sur le début des années 80 pour la réalisation ce film, dont le tournage s’est déroulé dans une vraie prison en Jordanie. L’histoire du film débute avec l’arrestation de la jeune institutrice Layal et sa condamnation sans fondement par un tribunal israélien à huit ans de prison ferme, et ce pour «son implication dans un acte terroriste». Cette nouvelle mariée, qui venait d’apprendre qu’elle est enceinte, s’est trouvée ainsi abandonnée par son mari à son triste sort.

Elle a pu, par contre, puiser ses forces grâce au grand soutien de sa mère et son avocate israélienne. Et ce, pour faire face à la sauvagerie de ses premières colocataires israéliennes (qu’elle la désignait comme terroriste) et puis la méfiance des autres détenues palestiniennes dans la seconde cellule. Elle a réussi aussi à défier la direction carcérale, en refusant de se faire avorter. Elle a pu ainsi avec le temps gagner la confiance de ses colocataires palestiniennes et la sympathie d’une prisonnière israélienne. Celle-ci allait servir à Layal et ses autres copines palestiniennes pour communiquer avec les détenus palestiniens hommes lors de leur grève de faim menée suite au massacre, en septembre 1982, de Sabra et Chatila.

«3000 nuits» montre comment les prisonnières palestiniennes sont devenues très solidaires avec l’ancienne institutrice après son accouchement, faisant de cet événement une fête. Elles vont considérer le petit Nour comme leur propre fils. Layal essaye, quant à elle, de faire son mieux pour élever son bébé dans cette prison hautement sécurisée. Elle va user de quelques petits outils comme les murs de sa cellule pour dessiner à Nour un oiseau, une petite maison… Elle veut ainsi lui communiquer quelques images du monde extérieur, tout en essayant de l’éloigner des scènes de sévices menées au quotidien par les gardiens de prison. Mais malgré son attachement à Nour, Layal se sent très poussée à rejoindre ses copines palestiniennes dans leurs grèves répétitives observées dans leurs cellules pour protester contre l’occupation. Ce qui va l’amener à faire son difficile choix : laisser Nour vivre, loin d’elle, chez sa grand-mère.

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