FICMT : Projecteur sur les souffrances des anciens travailleurs immigrés

FICMT : Projecteur sur les souffrances  des anciens travailleurs immigrés

Rekia était vraiment stupéfaite de voir devant elle un vieil homme, qui fait plus que son âge et dont la tristesse et le désespoir se lisent sur le visage.

Les travaux du vingt-troisième Festival international du cinéma méditerranéen (FICMT) ont été marqués, mardi 

28 mars, par la projection du long-métrage «Paris la blanche» de Lidia Leber Terki, une Française d’origine algérienne. En sélection officielle de cette édition, ce film, dont le tournage s’est déroulé entre l’Algérie et la France, parle des  anciens travailleurs immigrés en France ayant choisi de vivre seuls loin de leurs femmes et enfants.

Ayant à son actif plus de cinq courts-métrages et deux documentaires, Lidia Leber Terki a choisi pour son premier long-métrage ce sujet qui tient à cœur les Maghrébins. Co-écrit par celle-ci et Colo Tavernier, le scénario de ce film met en scène des personnages de différentes nationalités (Syrie, Soudan, France, Algérie,…) pour «montrer cette solidarité qui existe toujours entre les immigrés dans les pays d’accueil», a précisé Tassadit Mandi lors de la présentation de ce film suite à sa projection dans le cadre des travaux de ce festival. Ayant été distinguée par le prix de la meilleure interprétation féminine lors du Festival international du film de Saint-Jean de Luz 2016, celle-ci incarne dans «Paris la blanche» le principal personnage de Rekia, qui décide de quitter son petit village de Kabylie pour passer quelques jours en France à la recherche de son mari Nour Aït Farhat, dont elle n’a plus, depuis quelques mois, aucune nouvelle. Aidée par sa copine Najat à avoir son visa et ses deux billets aller-retour, elle part avec ses économies, cachées dans le revers de l’un de ses vêtements et pour seul bagage une petite valise. Comme à ses habitudes, Rekia a donné dès le début de son aventure et pendant son voyage en bateau l’exemple de femme sage, mais avec ses petites questions spontanées ou remarques gentilles à quelques passagers rencontrés à bord. Elle commence dès son arrivée en France ses recherches pour trouver son mari.

Son début de séjour à Paris n’était pas de tout repos. Surtout pour une femme d’un petit village qui débarque seule dans cette grande ville. Jusqu’à ce que Rekia rencontre  Tara, une jeune parisienne de mère française et de père algérien, qui va l’héberger un petit moment et l’aider à chercher son mari, lequel vit depuis 48 ans en France. Elles finissent par le retrouver dans un foyer d’anciens travailleurs immigrés à la retraite dans la banlieue de Paris. Rekia était vraiment stupéfaite de voir devant elle un vieil homme, qui fait plus que son âge et dont la tristesse et le désespoir se lisent sur le visage. Nour n’a vraiment plus rien en commun avec celui qui était revenu au village pour la dernière fois il y a quarante ans. Mais il reste toujours attaché et respectueux de sa femme à laquelle continue d’envoyer régulièrement de l’argent. Et Malgré la forte personnalité de Rekia, celle-ci n’arrive pas  à convaincre  son époux de retourner vivre dans sa grande maison au village. Nour a peur de se sentir étranger entre les siens après quatre décennies passées loin d’eux.

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