FIFM : La double vie de la cinématographie russe

FIFM : La double vie de la  cinématographie russe

Entre les films grand public et les films d’auteur

L’ambiance animée serait-elle en train de disparaître des scènes du cinéma russe ? En tout cas, elle se raréfie d’année en année. Le constat s’est dégagé à l’issue de la projection, lundi soir, de deux longs-métrages russes dans le cadre du 16ème FIFM qui rend hommage à ce cinéma. La comparaison entre deux films, l’un datant de 2016 et l’autre remontant à 1998, permet de confirmer ce constat de manque d’animation. Ainsi, les images du premier long-métrage, intitulé «The student» (Le disciple) du réalisateur Kirill Serebrennikov, semblaient par moments monotones de par l’intrigue de cette œuvre cinématographique d’environ 2 heures. Il s’agit de l’histoire d’un jeune lycéen fort attaché à la Bible dont il interprète la teneur à sa fantaisie tout en désirant appliquer les règles de ce texte sacré tel qu’il les a comprises à ses camarades de classe et à son entourage.       

Cette sorte d’ennui va se dissiper avec la vue du deuxième film titré «Khrustalyov, ma voiture», du réalisateur Alexeï Guerman, qui regorge d’images animées et d’ambiance humoristique rappelant parfois des scènes à la Charlie Chaplin et qui ne sont pas passées inaperçues pour les festivaliers. Cette animation est créée par l’intrigue du film qui, bien qu’étalé en deux parties sur 2h30, accroche l’attention du spectateur jusqu’à la fin. Ainsi, cette œuvre cinématographique en noir et blanc relate l’histoire d’un  chirurgien spécialiste du cerveau, également général de l’Armée rouge en 1953 en Russie. Sa vie bascule quand le KGB l’arrête en l’accusant de faire partie du complot des blouses blanches. L’animation dans ce long-métrage est créée par les situations délirantes des patients à l’hôpital et des différents personnages du film.

Ceci étant, les initiateurs du festival confirment à leur tour l’existence d’une création d’images animées par les inventeurs russes. Quant au spécialiste du cinéma russe, Joël Chapron, il estime que cette cinématographie est influencée par les pouvoirs politiques qui se sont succédé sur le pays. «Toujours partagée entre les films grand public qui peinent à sortir des frontières et les films d’auteur qui ravissent les publics et les festivals étrangers mais restent presque inconnus dans le pays, la cinématographie russe continue de mener cette double vie sans perspective de changement», précise le spécialiste du cinéma russe.

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