Jihane El Bahhar: «Je me suis inspirée de la situation difficile des femmes vivant dans les villages lointains»

Jihane El Bahhar: «Je me suis inspirée de la situation difficile des femmes vivant dans les villages lointains»

Entretien avec Jihane El Bahhar, réalisatrice et scénariste

ALM : Votre premier long métrage «Au Pays Des Merveilles» sera projeté dans les salles obscures à partir du 15 mars, à quel genre appartient ce film et quelle en est l’histoire ?

Jihane El Bahhar : Le film est une comédie dramatique. Il relate l’histoire de Madame Tazi, une femme snob et prétentieuse, vivant dans le luxe à l’ombre d’un mari riche. Elle va se retrouver à la mort de ce dernier obligée d’aller chercher sa dépouille dans un village lointain. Accompagnée d’Abderrahim Bouqual, un ambulancier, arnaqueur et magouilleur, qui a l’habitude des longues distances et des chemins difficiles d’accès, Mme Tazi aura du mal à s’entendre avec lui surtout qu’ils vont être accompagnés de deux membres de la famille d’Abderrahim. Aïcha, une chikha cleptomane, et Hassan, un violoniste atteint du syndrome Gilles de la Tourette. Le chemin vers la destination va être parsemé de situations burlesques mais c’est la destination elle-même qui risque de poser problème. Une fois arrivés au village pour récupérer la dépouille, ils seront bloqués pendant quelque temps par la neige. Pour Mme Tazi, habituée au luxe et au prestige, elle va devoir cohabiter avec des gens qu’elle ne connaît pas et surtout apprendre une bonne leçon de vie. En effet, j’écris le scénario de ce film avec Jamal El Khanoussi. Je fais appel à une sélection d’acteurs talentueux. On retrouve Majdouline Idrissi, Aziz Dadès, Fadwa Taleb, Malek Akhmiss, Houda Sidki et Mohamed Choubi.

Qu’est-ce qui vous a inspirée pour réaliser ce film ?

Je me suis inspirée de la situation difficile des femmes qui vivent dans les villages lointains comme le Moyen Atlas. Elles œuvrent dans des conditions dures pendant l’hiver. Elles travaillent dans les champs et s’occupent des tâches domestiques et des enfants. La plupart des femmes enceintes de ces villages éloignés n’accèdent pas aux hôpitaux. Elles sont contraintes d’accoucher chez elles et risquent leurs vies.

«Au Pays Des Merveilles» est votre premier long métrage. Comment s’est déroulé son tournage ? Avez-vous rencontré des obstacles pour réaliser ce film ?

Le tournage du film était difficile à cause du manque des moyens financiers. On a tourné près de 80 km à Azrou en plein hiver. C’était des conditions très dures mais toute l’équipe du tournage s’est adaptée à cette situation.

Quel est le budget de ce film ?

Le budget total de ce film se situe aux alentours de 6 millions de dirhams. Le Centre cinématographique marocain n’a accordé que 3 millions de dirhams. Pour financer le reste, j’ai pu trouver des fonds privés ainsi  que chez une productrice qui a cru en mon film.

En tant que scénariste, quel rôle peut jouer le scénario pour réussir un film?

Le scénario constitue le pilier de la fiction. C’est un élément essentiel pour réussir un film. Un mauvais scénario engendre automatiquement un mauvais film. Malheureusement au Maroc, on ne possède pas une école dédiée à ce métier. Il faut contribuer à la formation initiale et continue du scénariste. On a essayé avec la Corporation des scénaristes marocains dont j’étais la présidente mais on n’a pas réussi. Je peux dire que toute la chaîne doit se responsabiliser pour avoir une bonne qualité des programmes de fictions ou documentaires, les scénaristes, les producteurs et même les chaînes de télévision qui doivent mener un contrôle permanent en lisant l’ensemble des épisodes.

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