La cave de l’oncle Nick

La cave de l’oncle Nick

Ce n’est pas un documentaire sur une star du Rock où l’on va revenir sur le passé, le parcours et les dérives toujours liées à ce type d’icônes modernes. «20.000 jours sur terre» est un film qui mêle fiction et réalité pour parler de l’un des plus grands chanteurs- compositeurs de notre époque. Nick Cave, écrivain, scénariste, musicien et vocaliste australien, est aussi acteur à ses heures perdues. Mais là, il joue certes par moments, mais surtout il parle. Une poésie du quotidien de celui qui a élu domicile à Brighton en Angleterre, une petite bourgade calme, désuète, où il passe inaperçu et se fait respecter par une population partagée entre admiration et retenue face à une star qui ne ressemble à aucune autre. Aujourd’hui, à cinquante-quatre ans et neuf mois d’existence, il décide de célébrer son
20.000ème jour sur la planète Terre en parlant de ses inspirations, de son passé, de son père, dans un moment du film où il se laisse aller à des introspections devant un véritable psy, sans fards, sans cinéma.

«20 000 jours sur terre» parle de l’écriture, des grands noms qui ont marqué la vie de Nick Cave, de ses amis comme Mick Harvey ou alors le génial Warren Ellis qui a rejoint le groupe les Bad Seeds en 2001. Il traite aussi de souvenirs à Berlin, des voyages au Brésil, des amours de Nick Cave avec le souvenir de la magnifique P.J. Harvey. Sans oublier les passages à l’écran sur la banquette à côté du chanteur dans sa Jaguar de Kylie Minogue, star australienne, compatriote mais surtout l’amie. Nick Cave parle aussi de la mémoire, de la peur de ne pas pouvoir écrire… hantise de la page blanche, mais surtout celle de ne pas être relié au limon de la vie que sont le passé et ses fluctuations à travers les réminiscences.

Mais il y a aussi de la musique dans ce magnifique film signé Ian Forsythe et Jane Pollard. Quand les Bad Seeds chantent Higgs Boson Blues, c’est un moment d’enchantement tout comme ce grand spectacle donné à l’opéra de Sydney avec tout un orchestre philharmonique. C’est là que l’on sent toute la force de Nick Cave, la profondeur des textes, cette manière toute vibrante de chanter, avec cette voix caverneuse qui en dit long sur le vécu d’un immense bonhomme. Au final, on en ressort avec une idée claire sur la particularité d’un artiste complet, qui reste en retrait, qui construit son parcours comme une œuvre, avec plusieurs fils d’Ariane. A nous alors de trouver les résonnances d’une telle musique, qui se crée dans le partage entre des amis, qui ont des choses à dire, qui parlent quand il le faut et qui savent surtout se taire quand ils n’ont rien à donner.

«20.000 jours sur terre» avec Nick Cave
 

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