«Le convoi de la peur» : Le film maudit devenu béni

«Le convoi de la peur» : Le film maudit devenu béni

Si on vous dit «Le convoi de la peur» qu’est- ce que ce titre pourrait bien réveiller dans vos esprits ? Rares seront les personnes qui donneront la bonne réponse. La raison est simple. «Le convoi de la peur» est un film réalisé en 1977 et qui au moment de sa sortie fut un échec. Il a fallu des décennies pour que ce film soit reconnu comme l’un des chefs d’œuvre du septième art.
D’ailleurs, même son réalisateur William Friedkin ne s’attendait pas à voir son film atteindre les sommets de la gloire. Bien qu’il soit considéré comme le roi du Nouvel Hollywood après les succès retentissants de French Connection et de L’Exorciste, Friedkin a pris le risque de faire un remake du film «Le salaire de la peur» de Henri-Georges Clouseau. Il envisageait d’en faire une version bien particulière. Une sorte d’épopée mêlant sans vergogne et avec audace, volonté et cupidité, cauchemar et enthousiasme dans des scènes le moins qu’on puisse dire d’une impressionnante hardiesse.

Ce film trace le parcours de quatre hommes d’horizons divers, mais identiquement en fuite et en besoin d’argent. Il s’agit d’un homme d’affaires français improbe, un terroriste palestinien, un malfrat américain et un tueur à gages hispanophone. Le hasard réunit ces quatres protagoniste dans le même village sordide d’un État latino-américain non identifié, et seront amenés à conduire par camion des caisses de dynamite dangereusement instables pour dépanner une compagnie pétrolière et se payer pour eux-mêmes, espèrent-ils, une certaine stabilité. Ce film cauchemardesque plonge le spectateur dans les terres du Nouveau-Mexique, la jungle de Saint-Domingue, mais aussi dans d’autres villes toute aussi spéciales et symboliques comme New Jersey, Jérusalem, Mexico et Paris.
Il a fallu un budget de 22 millions de dollars et pas moins de 10 mois pour accomplir ce périple et terminer un pénible tournage.
Ces rôles ont été joués par Roy Scheider, Bruno Cremer, Francisco Rabal et Amidou. Des acteurs dont le talent n’est plus à démontrer mais qui sont tous passés de vie à trépas. C’est justement ce talent qui les rend tous des morts avec sursis puisqu’il sera dur d’oublier leur inimitable interprétation dans un film où le désespoir et le pessimisme total ont régné en maîtres.

Trente-six ans après, plus exactement au mois de décembre 2013, la Cinémathèque de Paris rend hommage au cinéaste américain venu «re» présenter son long-métrage restauré. Wiliam Friedkin avait confessé quelques regrets, comme ceux de n’avoir pas su convaincre Steve McQueen et Lino Ventura d’interpréter les deux personnages principaux (qui seront finalement interprétés par Roy Scheider et Bruno Cremer).
Toutefois, il pense le sourire aux lèvres que «Le convoi de la peur» est son meilleur film à ce jour. Le film a bien mûri dans les esprits des spectateurs depuis des décennies et il est reconnu, 37 ans après sa sortie, l’un des films cultes qui, non seulement ont marqué, mais ont fait l’histoire du cinéma. Il a également été le catalyseur de la carrière d’Amidou qui s’est lancé par la suite dans sa longue aventure artistique.
Réjouissante initiative donc de la chaîne franco-allemande «Arte» de diffuser le film aujourd’hui à 19h50 GMT alors qu’il était projeté depuis longtemps au purgatoire des films maudits. Bon spectacle.


 

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